carlos sanchez : colombie, ordre et liberté

françois launay

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Le Colombien Carlos Sanchez dispute sa sixième saison à Valenciennes.
Le Colombien Carlos Sanchez dispute sa sixième saison à Valenciennes. — m.libert / 20 minutes

Des plages de sable fin baignées par le soleil en bordure de l'océan Pacifique. A première vue, le village de Quibdo, le fief du Valenciennois Carlos Sanchez, est loin des clichés récurrents sur la Colombie. « On a vraiment une image éloignée de la réalité. Même si tout n'est pas encore clean, c'est un pays beaucoup plus tranquille qu'avant. On a vécu beaucoup de choses avec Pablo Escobar et les Farc entre autres. Mais la violence se concentrait surtout dans les villes et aujourd'hui, ça va beaucoup mieux. En plus, mon village se situe un peu à part de tout ça », lâche le milieu de terrain qui sera aligné samedi à Lille (17 h) pour le derby.

« Valenciennes, c'est ma maison »
Même si Quibdo, d'où est aussi originaire Jackson Martinez, l'attaquant du FC Porto, a aussi ses problèmes à gérer. « C'est situé dans la région du Choco, la plus pauvre du pays. Et là-bas, les dirigeants ne sont pas honnêtes. A chaque fois qu'un gouverneur finit son mandat, il va direct en prison, car il a accumulé toutes les richesses sans rien reverser aux habitants », raconte le Colombien. Un contexte politique à des années lumière du quotidien du joueur du VAFC. Débarqué à Valenciennes en 2007, le Latino-Américain s'est pourtant vite fondu dans le moule nordiste. « Je me sens bien. C'est ma maison. Tous les gens te remercient pour la joie que tu leur donnes. ça te donne envie de continuer », explique le joueur de 26 ans qui n'a pas encore totalement adopté la mentalité européenne « ça va trop vite ici. Il y a beaucoup de stress. En Colombie, c'est beaucoup plus calme et tranquille », sourit Sanchez, qui, après un départ avorté cet été, a finalement été prêté à VA jusqu'à la fin de la saison par le club chilien des Rangers Talca. Colombien jusqu'au bout des ongles, le joueur espère voir sa patrie sortir de la crise grâce aux pourparlers de paix débutés entre le gouvernement et les Farc. « Tout le monde attend ça. Les négociations ne sont pas faciles, car il y beaucoup de différences entre les deux parties », conclut un international colombien au rêve simple : voir enfin les mentalités évoluer sur son pays.