Les Espagnols, derniers soutiens de Lance Armstrong

CYCLISME L'Américain est défendu par Contador, Indurain, Samuel Sanchez ou Valverde

Romain Scotto

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Le coureur espagnol Alberto Contador, lors de la présentation du Tour de France 2013, le 24 octobre 2012.
Le coureur espagnol Alberto Contador, lors de la présentation du Tour de France 2013, le 24 octobre 2012. — Sipa

Muré dans le silence depuis l’annonce du retrait de ses sept Tour de France, Lance Armstrong laisse pour l’instant parler quelques avocats dont il n’attendait pas forcément le soutien. Dans le brouhaha de réactions indignées, il faut tendre l’oreille du côté de l’Espagne pour trouver un écho moins vindicatif. Voire totalement complaisant. Miguel Indurain qui «jusque-là, croit toujours à son innocence», fut le premier à s’exprimer en début de semaine.

Alejandro Valverde, Alberto Contador ou Samuel Sanchez ont très vite pris sa roue pour signifier leur soutien au Texan. Les vingt-six témoignages à charge, les échanges de mails et relevés téléphoniques évoqués dans le rapport de l’Usada ne leur suffisent pas. Pour eux, la décision de l’UCI n’est pas valable. Tous mettent en avant l’absence de contrôle positif officiel, seule preuve de la culpabilité d’Armstrong, selon eux.

Le cri du cœur de Marcel Kittel

Même si certaines voix françaises (dont celle de Laurent Jalabert) mettent en avant les qualités du «champion» avant ses mensonges, le tropisme pro-Armstrong des Espagnols a tendance à agacer dans le peloton. Sans les citer, Marc Madiot affirmait mercredi «qu’un pays n'a pas tout compris» en matière de dopage. Jeudi, c’est le sprinter allemand Marcel Kittel qui poussait son coup de gueule sur Twitter: «Je suis malade de lire que Contador, Sanchez, Indurain supportent Armstrong. Comment quelqu’un qui dit cela peut-il être crédible?»

Pour Yvon Ledanois, qui a passé quatre ans à la tête d’équipes espagnoles (Caisse d’Epargne, puis Movistar), il n’y a pas de «mentalité particulière» concernant le dopage chez les coureurs en question. «S’ils le défendent, c’est parce qu’ils sont amis ou ont eu un intérêt commun à un moment donné.» Historiquement, l’US Postal a toujours eu quelques accointances avec les équipes espagnoles côté transferts. L’Américain a aussi habité à Gérone, au Nord de Barcelone et travaillé avec un médecin espagnol, Del Moral.

«Ils ont du retard»

«Ils défendent quelqu’un qui a pourri leur milieu pendant des années et qui leur a pris des victoires. Je ne comprends pas», s’indigne Ledanois. Mais selon lui, il est clair qu’en matière de lutte antidopage, l’Espagne a encore un peu de retard. «Ils n’ont pas eu le rythme qu’a eu la France dans ce domaine. Il faut que les choses se mettent en place mais ça demande un, deux, trois, cinq ans de plus.» A ce moment-là, Amrstrong perdra peut-être ses nombreux avocats.