Ligue 1: Jean Fernandez, l'ennemi numéro 1 du PSG

FOOTBALL L'entraîneur des Lorrains est le seul à avoir pris six points contre Paris la saison passée...

Julien Laloye
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Jean Fernandez, le coach de Montpellier, le 29 septembre 2012 à Nancy.
Jean Fernandez, le coach de Montpellier, le 29 septembre 2012 à Nancy. — P.Emile/SIPA

Au Camp des Loges, on tremble rien qu’à l’énoncé de ses initiales. J.F., pour Jean Fernandez. Enfin au moins un petit peu. L’entraîneur de Nancy, qui accueille le PSG samedi à Marcel-Picot, passe pour le tourmenteur en chef de l’équipe parisienne, qu’il a battue quatre fois de rang avec Auxerre et l’ASNL. Avec un peu de chance parfois, mais surtout un sens tactique basé sur une culture footballistique immense, à faire pâlir un José Mourinho au meilleur de sa forme.

«Le plus important, la récupération du ballon»

«Jean connaît tous les joueurs de toutes les divisions en France et à l’étranger. C’est quelqu’un qui vit et qui dort football» se souvient Ludovic Butelle, qui a débuté à Metz sous ses ordres. «Un jour de juillet je m’entraînais avec Valence et là je vois quelqu’un qui m’appelle sur le bord de la touche. C’était le coach qui venait assister aux entraînements pendant ses vacances en Espagne». Ou en Italie, du côté de Milanello, le centre d’entraînement du Milan, qu’il a pu fréquenter une semaine du temps d’Arrigo Sacchi, son modèle. Fernandez en a ramené une certitude : «Tout part d’un bloc défensif compact capable d’exploser sur les côtés ou dans la profondeur à la récupération». En six à sept secondes et quatre passes maximum, «le moment où presque tous les buts sont marqués». David Carré, son adjoint depuis dix ans, précise : «Son objectif est d’aligner l’équipe la plus équilibrée possible», toujours dans l’optique d’être efficace au pressing : «La récupération du ballon, c’est le plus important pour lui. Toutes ses mises en place partent de là».

Sept secondes pour marquer

Michaël Isabey, piston sur le côté droit du Sochaux de Fernandez au début des années 2000, confirme : «il savait faire de la défense un principe collectif, où chacun était convaincu qu’il avait un rôle important à jouer. » Le sien, par exemple? «Jean me demandait d’avoir une grande complémentarité avec le latéral lors du pressing. Lorsque j’avais le ballon j’avais deux consignes : soit je le donnais à Pedretti pour une relance propre, soit je cherchais Santos dans la profondeur.» La recette a fonctionné partout (Sochaux, Metz, Marseille, Auxerre avant Nancy), preuve qu’elle ne doit rien au hasard, explique David Carré: «On prépare l’équipe qu’on veut voir le week-end dés la première séance d’entraînement de la semaine. L’idée forte c’est de créer des automatismes pour la rencontre du samedi.» Dans le cadre d’un match contre Paris, cela équivaut à se préparer à souffrir intelligemment, en choisissant le 3-5-2 l’an passé pour surprendre l’équipe de Kombouaré au Parc (0-1).

 «Il sent les choses avant tout le monde»

Mais parler des heures de tactique ne suffi pas à rendre hommages aux talents de Fernandez, insiste Carré: «Ce qui m’a toujours impressionné chez Jean, c’est sa gestion humaine. Il n’a pas besoin de parler à un joueur. C’est comme s’il sentait les choses avant tout le monde». Butelle acquiesce, lui qui garde en mémoire tous les joueurs auxquels personne ne croyait avant d’être lancés ou relancés par Fernandez: «Ribéry, c’est lui. A Metz, il a aussi révélé Obraniak, Béria, Il est allé chercher Niang qui était à la cave à Troyes, Maoulida, qui a explosé chez nous…» Isabey évoque des causeries «à vous retourner l’estomac. Il savait faire passer des émotions dans le vestiaire». Assez pour convaincre les Nancéiens, bons derniers de L1, qu’ils peuvent de nouveau faire tomber le PSG? Son adjoint n’en doute pas une seconde: «A Auxerre, avant la dernière journée, il fallait qu’on gagne à Sochaux et que Lille perde à Lorient pour qu’on aille en Ligue des Champions. C’était le seul à y croire, mais à force de le répéter aux joueurs, il a fini par les en persuader». Avec le dénouement que l’on sait.