Tour de France: Pour Thibaut Pinot, «C'est bien de fouiller le passé, mais il faut tourner la page»

CYCLISME Révélation de la Grande Boucle 2012, le grimpeur de la FDJ s'attarde Lance Armstrong...

Propos recueillis par Antoine Maes

— 

Le coureur français Thibaut Pinot (FDJ), le 8 juillet 2012? à Porrentruy (Suisse).
Le coureur français Thibaut Pinot (FDJ), le 8 juillet 2012? à Porrentruy (Suisse). — PASCAL PAVANI / AFP

Il n’avait que neuf ans quand Lance Armstrong a conquis ce qui était encore il n’y a pas si longtemps son premier Tour de France. Aujourd’hui, Thibaut Pinot a 22 ans et a découvert mercredi le parcours de la Grande Boucle 2013. Où il a regretté qu’on lui parle plus du Texan que de sport, lui qui a terminé son premier Tour de France à la 10e place en juillet dernier.

En tant que coureur prometteur, que vous inspire la décision de retirer à Lance Armstrong ses sept victoires sur le Tour de France?

Je ne sais pas si tout le monde en prend conscience, mais nous, on voit bien que c’est une nouvelle époque qui arrive. Après, fouiller dans le passé c’est bien, mais il faut vraiment tourner la page.  

Mais certaines personnes citées dans l’affaire Armstrong sont toujours dans le vélo…

Tout le monde doit aller dans le même sens. On n’a plus le temps d’avoir des histoires comme ça. On tape sur le vélo, c’est dommage. Quand je vois qu’Armstrong fait la une de tous les journaux alors que c’est une histoire qui est passée… 

Vous avez peur qu’on fasse l’amalgame entre vous et les tricheurs?

Ça a toujours été comme ça. Ça n’empêche pas qu’il y a toujours autant de monde sur les routes, et c’est ce qui remonte le moral de tout le monde. Le Tour de France, quoi qu’il arrive, restera une des plus grandes épreuves au monde. Moi j’ai du mal à comprendre tout ce tapage médiatique autour de ça. 

Quel sera le rôle des jeunes coureurs comme vous?

Nous, on fait ce qu’on peut. On parle librement mais pfff… C’est dommage qu’on nous parle de ça aujourd’hui (lors de la présentation du Tour 2013]. Je suis un peu nouveau ici, et les trois-quarts des questions sont sur le dopage. Ça me tape un peu sur le système. 

Un parcours aussi dur que celui du Tour 2013 peut-il inciter à se doper?

Ah nan! Ça, c’est n’importe quoi. Ce sont les coureurs qui font la course. L’année dernière, les étapes les plus denses et les plus fatigantes étaient celles de 150 bornes où, du début à la fin, ça ne débranche pas. Et quand ça fait 250 bornes, les spectateurs se plaignent que c’est contrôlé et qu’il n’y a pas de spectacle. 

Est-ce que les coureurs qui débutent aujourd’hui sont découragés?

Il y a dix ans, on m’aurait dit qu’un coureur pouvait faire les étapes à l’eau et finir dans le top 10, je ne l’aurais pas cru. Ça montre qu’on peut très bien faire le Tour de France à l’eau. Si on nous avait dit un jour que les Français gagneraient des étapes de montagne sur le Tour, personne n’y aurait cru. 

Vous pensez que ça va mieux aujourd’hui?

Pour moi, le Tour est une course aussi abordable que les autres. Cette année, on a trouvé le Tour humain, non? On n’a pas vu des trucs de fou. Après, les spectateurs demandent du spectacle, mais bon, on sait d’où il vient. Il faut savoir faire la part des choses aussi.