Quatre idées pour doper l'intérêt du Tour de France

CYCLISME Le parcours de l'épreuve du Tour 2013 sera dévoilé mercredi...

Julien Laloye
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Le Britannique Bradley Wiggins, lors d'un contre-la-montre sur le Tour de France, le 9 juillet 2012.
Le Britannique Bradley Wiggins, lors d'un contre-la-montre sur le Tour de France, le 9 juillet 2012. — L.Cipriani/AP/Sipa

Marre de s’ennuyer. Pour la centième édition de la Grande boucle, place au spectacle. Fini les premières étapes inutiles au refrain mille fois rabâché –je m’échappe en solitaire, je me fais reprendre par le peloton, et Cavendish règle l’addition–, les contre-la-montre de plaine longs comme des jours sans pain et les étapes «mythiques» qui accouchent d’une souris. Alors que Christian Prudhomme doit dévoiler mercredi le tracé du parcours 2013, «20 Minutes» lui propose ses pistes pour faire de cette édition un souvenir exceptionnel.

Courir deux étapes en un jour

C’était une pratique répandue jusqu’aux années 80: scinder la journée en deux avec une étape pour sprinteurs et une course de côte l’après-midi. Un format qui peut permettre de rendre la course plus attrayante, confirme Jean-François Bernard: «On a bien vu que les étapes avec cinq ou six cols n’étaient pas les plus spectaculaires.» L’ancien coureur reconverti consultant plaide pour un modèle calqué sur la Vuelta avec «des étapes très courtes et une arrivée au sommet. Le Ventoux après 100 kilomètres d’échauffement par exemple». Thierry Bourguignon, ancien baroudeur devant l’éternel, n’est quant à lui pas fan du concept de «spéciales» à la sauce rallye. «Devoir s’arrêter et manger à midi entre deux étapes, ça coupe les jambes.» Mais l’ex-coureur de la Big-Mat Auber réclame aussi un tracé plus nerveux: «Plus c’est long, plus les leaders gèrent. Si on veut que les coureurs fassent la course, encore faut-il leur en laisser la possibilité.»

Supprimer les contre-la-montre en plaine

Qu’est-ce qui est plus pénible à regarder –pour le spectacle s’entend- qu’une étape entre Rouen et Saint-Quentin? Réponse, un contre-la-montre entre Rouen et Saint-Quentin. En 2012, Bradley Wiggins a écrasé le Tour sur les 100 kilomètres de chrono tout plat. Un calvaire qu’il faut absolument éviter à l’avenir, reconnaît Bernard: «L’organisation doit revenir à un contre-la-montre en montagne pour laisser leur chance aux grimpeurs.» Du genre Alpe d’Huez 2004, pour le dernier exemple en date? Oui et non, répond Bourguignon: «Qui gagne le chrono à l’époque? Lance Armstrong. Peu importe le relief, un grimpeur n’est jamais avantagé par l’exercice du chrono, qui demande un effort très particulier.» Les dernières rumeurs évoquent le retour du contre-la-montre par équipe pour 2013: «Trop avantageux pour les rouleurs, à moins d’être court», juge Bourguignon. Son ancien collègue de peloton milite plutôt pour le retour d’un chrono le dernier jour sur les Champs-Elysées, qui rappellera de bons souvenirs à Greg Lemond: «C’est un final qui est resté dans les mémoires.»

Visiter l’outre-mer

Luxembourg, Belgique, Espagne, Italie, Pays-Bas… Le Tour de France a depuis longtemps inauguré les incartades à la géographie. Alors plutôt qu’un mini Paris-Roubaix sur les pavés du Nord qui sera de toute façon remporté par Cancellara, pourquoi ne pas aller carrément aux Antilles tâter de la haute montagne guadeloupéenne entre Goyave et Bouillante ou escalader le Piton de la Fournaise à La Réunion? Thierry Bourguignon n’y est pas vraiment favorable: «Tout est envisageable, mais après ça devient du business. Moi j’ai toujours préféré que le Tour reste en France (sic).» Cette année, ASO a eu le mérite d’innover en faisant partir la course de Corse. Une idée brillante, pour Jean-François Bernard: «D’habitude on s’embête franchement la première semaine. Là ça va être super dur dès le départ, y compris pour les leaders. Sans parler des sprinteurs, qui ne seront pas à la fête.»

Courir en nocturne

Il était une fois un Tour de France qui se courait aussi la nuit. C’était en 1903, et les participants en profitaient pour utiliser des raccourcis, monter dans des trains ou faire une partie du trajet en voiture histoire de gagner du temps. L’idée a vite été abandonnée, mais cent dix ans après, le clin d’œil serait beau et permettrait surtout arriver des arrivées  à un horaire de prime-time télévisuel, comme tout sport majeur qui se respecte. Une espèce de serpent de mer un peu utopique, juge Bourguignon: «Déjà, à mon époque, on parlait de retarder l’arrivée pour le journal de 20h et ça ne s’est jamais fait. A un moment donné, il faut respecter le métabolisme du coureur, qui va devoir se coucher à trois heures du matin et repartir le lendemain. A la rigueur, ça peut se faire avant une journée de repos ou lors de la dernière étape.» Une montée du Ventoux éclairée à la lampe torche, ça aurait du cachet non?

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