Dopage: L'UCI face à l'accusé Lance Armstrong

CYCLISME La fédération internationale de cyclisme doit livrer son verdict lundi sur le cas du Texan...

R.S.

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L'ex-coureur américain Lance Armstrong, lors d'un rassemblement à Montréal, le 29 août 2012.
L'ex-coureur américain Lance Armstrong, lors d'un rassemblement à Montréal, le 29 août 2012. — C.Mushi/Sipa

Douze jours pour plancher sur un pavé de 1.000 pages, cela rebuterait n’importe quel étudiant en préparation de thèse. C’est pourtant le délai qu’ont eu les dirigeants de l’Union cycliste internationale pour rendre leurs conclusions sur l’affaire Armstrong, après la réception du rapport de l’agence américaine antidopage. Lundi à 13h, le président de Pat McQuaid annoncera la position de l’UCI sur ce dossier. Si elle ne reconnaît pas la culpabilité du coureur et lui laisse ses sept titres sur le Tour de France, la procédure disciplinaire pourrait bien se poursuivre devant le TAS.

Reconnu coupable. Face à l’accumulation de preuves amassées par l’Usada et les différents témoignages sous serment des anciens lieutenants du Texan, l’UCI a, en théorie, tous les éléments en main pour reconnaître la culpabilité de Lance Armstrong. Dans ce cas, l’Américain perdrait ses sept Tours de France, non réattribués par la suite. Les cases vides laissées par le cycliste marqueraient définitivement la chute d’un coureur lâché par plusieurs de ses sponsors et contraint de démissionner de la présidence de sa fondation Livestrong. Pour beaucoup, c’est la crédibilité de l’UCI qui est en jeu si elle déjuge l’Usada. Mais reconnaître la culpabilité d’Armstrong contraint aussi la fédération internationale à une vaste autocritique. Le rapport de l’agence mettant en évidence plusieurs actes de complaisances vis-à-vis d’Armstrong, notamment sous la présidence d’Hein Verbruggen.

Acquitté. On imagine mal les conséquences d’un tel verdict dans le milieu du cyclisme mais un élément clé du dossier rend l’hypothèse crédible. Jamais Lance Armstrong n’a jamais  été officiellement contrôlé positif. «Même pas par l'Usada. Il n'y a aucune trace de preuve», appuie Verbruggen, 71 ans aujourd’hui, dans De Telegraaf. Pour préserver l’institution et freiner les ardeurs de ceux qui parlent, il n’est pas dit que McQuaid, adoubé par Verbruggen, suive l’Usada. Pendant l’enquête de l’agence américaine, l’UCI avait d’ailleurs signifié ses doutes par rapport à la longueur des débats. En cas d’acquittement, la procédure ne serait pourtant pas terminée. L’Agence mondiale antidopage lancerait immédiatement une procédure d’appel. «Si elle décide de ne rien faire, alors nous, l'AMA, pourrions avoir le droit de faire appel devant le TAS», indique son directeur général David Howman.

Reconnu coupable, mais. C’est la solution intermédiaire qui consiste à laisser son palmarès à Armstrong, sans pour autant l’amnistier. L’UCI pourrait ainsi se réfugier derrière le délai de prescription de 8 ans du Code mondial antidopage pour de tels faits. Et dans le même temps, lui infliger une suspension d’un ou deux ans. Là encore, le TAS devrait être saisi par l’Usada et l’AMA.