Gaëtan Courtet: «Après mon cancer, je voulais montrer que la vie ne s’arrête pas»

FOOTBALL L'attaquant de Reims évoque la maladie dont il a souffert avant de défier le PSG samedi prochain...

Propos recueillis par R.S.

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L'attaquant du Stade de Reims, Gaëtan Courtet, lors d'un match de Ligue 1 le 12 août 2012 contre Marseille.
L'attaquant du Stade de Reims, Gaëtan Courtet, lors d'un match de Ligue 1 le 12 août 2012 contre Marseille. — E.Pol/Sipa

Quatre buts en huit matchs et une place de cinquième au classement. Pour un apprentissage de la Ligue1, Gaëtan Courtet, 23 ans, ne pouvait rêver mieux. Un an et deux mois après s’être remis d’une tumeur cancéreuse, grâce à une chimiothérapie, l’attaquant du stade de Reims revient sur son parcours mouvementé. Deux jours avant un déplacement capital au Parc des Princes...

Auriez-vous imaginé un tel début de saison, il y a trois mois lors de la première journée?

Non, je ne l’aurais pas cru. Mais en tout cas, je sais que je fais le maximum pour ça. Tant mieux, je suis récompensé. Je n’avais jamais vécu autant d’agitation. Ça veut dire que ça marche, c’est plaisant. Dans mes objectifs, je visais entre cinq et dix buts. Ça se passe plutôt bien.

Comment l’expliquez-vous?

Je pense qu’on a su trouver le bon état d’esprit. Cela fait la différence sur les matchs. C’est notre force. Quand c’est un peu compliqué, on arrive à faire le dos rond et à être costaud. Derrière on est là quand un joueur a plus de mal. On l’encourage, ça fait la différence. Il y a une part de talent, d’envie de jouer ensemble, de faire les choses en équipe. Et Hubert Fournier a souvent raison dans ses choix. Il a réussi à s’adapter au haut niveau. Ça fait la différence. Il n’est pas du genre à beaucoup crier. C’est un coach qui vit pour le football et fait les choses bien.

L’attente du public rémois, le poids de l’histoire pèsent-ils au quotidien?

Oui bien sûr, beaucoup de personnes viennent nous voir et nous demandent de renouer avec les belles années. Ce n’est pas une pression, c’est plus bénéfique qu’autre chose. Quand on joue à domicile, c’est un plus pour aller chercher les victoires en fin de match.

Diriez-vous aujourd’hui que la maladie que vous avez combattue vous a fait grandir?

Complètement, quand on vit ces choses-là dans une vie, ça fait grandir. On se rend compte de beaucoup de choses. On les voit différemment par la suite. Quand on peut être gêné par une petite blessure, par exemple, on le vit différemment. Ça donne de la force, un mental encore plus fort. C’est important. Oui, en tout cas, j’ai un plus gros mental. Je suis plus fort face à certaines difficultés que je vais rencontrer à l’entraînement ou des moments plus compliqués.

Vous avez tourné la page, mais cela fait partie de votre histoire aujourd’hui encore…

C’est simple, ça revient tout le temps. Ce n’est pas gênant d’en parler. Je l’ai médiatisé pour montrer à certaines personnes atteintes de cette maladie que derrière, il pouvait aussi y avoir de belles choses. Je voulais montrer que la vie ne s’arrête pas là. Il faut aussi savoir que je n’ai pas été grièvement. Ce n’était pas la mort assurée.

Avez-vous été beaucoup soutenu pendant cette épreuve dans le monde du football réputé individualiste?

Oui de la part de mes coéquipiers notamment. Mais une personne en particulier m’a marqué. C’est Benoît Costil, le gardien de Rennes. Il m’avait souhaité bon courage alors que je ne l’avais jamais côtoyé, je ne le connaissais pas. Ça m’avait touché.

On vous surnomme «Guéguette» mais acceptez-vous d’être le «Lance Armstrong de la L1»?

Sans ses problèmes de dopage oui, il n’y a pas de souci. Si on ne garde que ses victoires.