Dopage: Un médecin préleveur du Tour de France raconte les contrôles de Lance Armstrong

CYCLISME Olivier Brochard décrit les méthodes du Texan dans La Voix du Nord...

A.M.

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Lance Armstrong à la sortie d'un contrôle anti-dopage, le 20 juillet 2005, sur le Tour de France. 
Lance Armstrong à la sortie d'un contrôle anti-dopage, le 20 juillet 2005, sur le Tour de France.  — SEBASTIEN BERDA / AFP

Maintenant qu’il est démasqué, les témoignages abondent. Depuis le rapport de l’Usada qui l’accuse d’avoir mis en place un système de dopage, Lance Armstrong perd non seulement ses sponsors un à un mais voit aussi les langues se délier. Dans La Voix du Nord, un nouveau récit vient ainsi éclairer les méthodes du Texan. Olivier Brochard, médecin préleveur sur le Tour de France de 2005 à 2010, y raconte les contrôles anti-dopage d’Armstrong, et notamment sa première rencontre avec «LA». «Ça m'a mis tout de suite à l'aise! J'arrive avec l'ordre de mission à l'hôtel. On me répond: "Il arrive." J'ai attendu un peu plus d'une heure. A l'époque, on n'avait pas encore de législation sur le délai de présentation», explique ce Douaisien, qui décrit le comportement du coureur Américain comme «typique des personnalités toxicomaniaques».

«Ça faisait partie des manoeuvres d'influence. S'allier la sympathie du médecin» 

Si ses anecdotes ne prouvent pas qu’Armstrong se soit dopé, certaines d’entre elles sont tout de même édifiantes, comme ce coup de fil au président américain ou ce prélèvement d’urine en tweetant. «Il s'est d'abord amusé: "Tiens, un nouveau!" Je lui ai dit que j'étais psychiatre. Il m'a rapidement demandé si j'avais des gens atteints du cancer dans ma famille. Il a parlé de sa fondation contre le cancer et des bracelets jaunes. Ça faisait partie des manoeuvres d'influence. S'allier la sympathie du médecin», poursuit Olivier Brochard.

«Never was, never will»

Qui livre une dernière histoire prenant un jour différent après les révélations de ces dernières semaines. La scène se déroule au Mont-Ventoux, en 2009. «Comme d'habitude, il monte dans l'espace réservé au contrôle. On prépare le prélèvement d'urine. Puis, il me dit: "Never was, never will" ["Je ne l'ai jamais été, je ne le serai jamais (dopé)"]. Je lui dis: "Yes, but now?" ("Oui, mais maintenant?"). Là, il m'a répondu par un clin d'œil», conclut le médecin préleveur.