« On peut continuer à vivre »

Propos recueillis par Nicolas stival

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Depuis 2006, David Berty s'investit dans la lutte contre la maladie.
Depuis 2006, David Berty s'investit dans la lutte contre la maladie. — F. Scheiber/20 Minutes

La maladie, méconnue, effraie. La sclérose en plaques toucherait 90 000 personnes en France. Parmi elles, David Berty. L'ancien ailier du Stade Toulousain (42 ans), parrain de l'Association française des sclérosés en plaque, raconte son combat dans un livre qui sort ce jeudi.

Quel est le but de votre ouvrage ?
Médiatiser la maladie, sans la banaliser, car elle peut être grave, très handicapante. Je ne veux pas que des gens qui me voient pensent que tous les sclérosés en plaque sont comme moi.
Vous ne voulez pas être un modèle ?
Non. Mais je veux montrer qu'on peut continuer à vivre, à condition d'adapter ses projets. On peut travailler [il est salarié du Crédit agricole]. Je ne peux plus courir, mais je peux faire de la musculation, de la natation ou du vélo. Chacun doit apprendre à connaître son corps.
Ce livre est-il aussi une catharsis par rapport à votre fin de carrière ?
Oui, il y a l'ego du sportif qui veut dire : « Voyez, ce n'était pas ma faute. » Mon premier symptôme, en 1997, était un problème de vision. Puis j'ai perdu ma vitesse, mon principal atout. Quand je faisais trois tours de terrain, j'étais fatigué comme si j'en faisais trente. Et je collectionnais les blessures.
Comment avez-vous vécu le diagnostic de la maladie, en 2002 ?
Les trente premières secondes, j'étais content, soulagé et aussi surpris par cette sensation. Je savais enfin ce dont je souffrais. Tout de suite après, j'ai sombré dans l'inconnu. J'avais l'image du fauteuil roulant, de la dépendance. Je me suis isolé pendant quatre ans. C'est la plus grosse connerie que j'ai faite. Mon épouse m'a beaucoup soutenu.
Comment allez-vous aujourd'hui ?
Depuis dix ans, je n'ai pas l'impression que la maladie a évolué. Mais elle m'a fait évoluer. Soit je laissais tomber et j'entraînais toute ma famille avec moi, soit je me bougeais. Je pense rester sur terre encore un moment, autant rendre la vie agréable. W

La trajectoire brisée d'un ailier supersonique

Quintuple champion de France, champion d'Europe, six fois international, David Berty a marqué le Stade Toulousain des années 1990. En 1997, à 27 ans à peine, l'ailier passé ensuite par Brive, Montauban et Blagnac, décline brutalement. La sclérose en plaque, maladie dégénérative du système nerveux, ne sera diagnostiquée qu'en 2002.