Equipe de France : place à la nouvelle génération

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La France, vainqueur mardi soir de l'Espagne (3-1) en 8e de finale du Mondial-2006 de football, rencontrera le Brésil, qui a battu dans l'après-midi le Ghana (3-0), en quart de finale, le 1er juillet à Francfort (centre-ouest).
La France, vainqueur mardi soir de l'Espagne (3-1) en 8e de finale du Mondial-2006 de football, rencontrera le Brésil, qui a battu dans l'après-midi le Ghana (3-0), en quart de finale, le 1er juillet à Francfort (centre-ouest). — Pierre-Philippe Marcou AFP

Finie la Coupe du monde, place aux qualifications pour l’Euro 2008, qui débuteront le 2 septembre en Géorgie avant de se poursuivre trois jours plus tard face à l’Italie au Stade de France. Pour préparer ces deux rencontres, Raymond Domenech, le sélectionneur de l’équipe de France, n’aura pas mille occasions de mettre en place une nouvelle équipe après les retraites annoncées de Zidane et Makélélé, mais une seule et unique, le 23 août face à la Bosnie-Herzégovine. Il annoncera mercredi le groupe de joueurs sélectionnés dans cette optique. Avec un air de déjà vu.

Il y a deux ans exactement, en août 2004, Domenech s’asseyait en effet pour la première fois sur le banc de l’équipe de France, face à cette même Bosnie-Herzégovine, et déjà avec le besoin de reconstruire. Zidane et Thuram entre autres avaient annoncé leur retraite internationale, Makélélé n’allait pas tarder à le faire, et Domenech devait trouver leurs successeurs. Il sélectionnait alors pour la première fois Evra, Mavuba, Squillacci, Abidal et Givet. Titularisait Bernard Mendy et Pedretti, faisait entrer en jeu Pirès. C’est finalement Luyindula qui marquait l’unique but de l’équipe de France sur une passe de Rothen pour un résultat nul (1-1) qui en annonçait bien d’autres.  Un an plus tard, Domenech se voyait obligé de rappeler les vieilles gloires. Avec le résultat que l’on sait.

Barthez ne lâche rien

Aujourd’hui, c’est sûr, ils ne reviendront plus. Pour ceux qui ont annoncé leur départ tout du moins. Car Barthez, le Mick Jagger du ballon rond, fait de la résistance. Il annonce dans l’Equipe qu’il envisage de poursuivre deux ans de plus sa carrière et ne voit pas pourquoi il renoncerait à l’équipe de France. Au vu de sa logique de l’été, - «Barthez ne s’est jamais troué en équipe de France, il n’y a pas de raison de le sortir » -, Domenech devrait continuer à le faire jouer, puisqu’il n’a pas fait de grosse bourde au Mondial, n’ayant quasiment eu rien à faire. Aujourd’hui, Barthez n’a toutefois pas de club, et on ne voit pas Raymond Domenech le sélectionner dans ces conditions.

Du reste, la liste annoncée demain tiendra très probablement compte du fait que la plupart des grands championnats européens n’ont pas encore repris, et de fait, Domenech, pourrait ne pas sélectionner certains joueurs évoluant à l’étranger. C’est donc à plus long terme qu’il faut regarder. Avec une interrogation majeure, Thuram, qui n’a pas déclaré officiellement qu’il renonçait au bleu. Le recordman de sélections en équipe de France s’interroge. Ne risque-t-il pas de faire l’erreur de poursuivre deux ans de trop, comme Desailly à son époque ? Pour un joueur de sa trempe, n’est-il pas préférable qu’il mette lui-même un terme à sa carrière plutôt que de devoir organiser son jubilé faute d’avoir été sélectionné ?

Si on reprend les choses dans l’ordre, au poste de gardien, Barthez devrait quand même dégager, on y met notre main à Coupet. Devant lui, sur les côtés, Sagnol et Abidal, auteurs d’une très bonne Coupe du monde, ne peuvent pas être inquiétés, tout comme Gallas dans l’axe, qui sera associé, soit à Thuram donc, soit à Boumsong, soit à Givet, Squillaci ou Mexès. L’ancien Auxerrois présente a priori le profil plus complémentaire avec celui de Gallas, mais une ancienneté moindre que ses concurrents.

Peu de places à prendre

En milieu défensif, Vieira devrait camper autour du rond central et reprendre le brassard de capitaine. A ses côtés, Makélélé n’étant plus là, Alou Diarra se présente comme un titulaire acceptable, surtout après sa bonne rentrée en finale de Coupe du monde. Mais son profil, très proche de celui de Vieira, ne plaide pas en sa faveur. Dans ce cas, Toulalan, s’il parvient à faire son trou à Lyon, pourrait postuler au job. Tout comme un autre Diarra, Lassana, s’il est titularisé à Chelsea. Devant ? Ribéry, s’il ne s’est pas fait descendre d’ici là par un supporter marseillais en colère, paraît incontournable. A gauche, à droite ou au milieu ? Tout dépend du système.

Domenech peut choisir de continuer à jouer avec trois milieux offensifs dont deux joueurs de couloirs, et un seul attaquant. Comme pratiquement toutes les grandes équipes du monde à l’heure actuelle. Soit de jouer avec deux pointes, comme cela semblait être son intention avant la blessure de Cissé, juste avant la Coupe du monde.

Récapitulons. Ribéry donc, Henry bien sûr. Restent deux places selon le système adopté, sachant que Dhorasso ne sera plus là ni sur le terrai ni pour tourner des films dans le vestiaire : il a annoncé qu’il arrêtait. En joueurs de couloirs, les Français présentent des profils intéressants. Tout comme Thuram, Wiltord n’a pas annoncé sa retraite internationale à l’issue d’une Coupe du monde pour le coup très moyenne.  A 32 ans, on peut donc a priori continuer de compter sur lui. Malouda mais aussi Giuly, Govou, Rothen peuvent postuler à des places sur les côtés. Dans l’autre système, Ribéry serait associé éventuellement au sseul Malouda, avec devant Henry et soit Cissé, une fois qu’il sera rétabli, soit Anelka, Saha ou l’éternel Trezeguet.

Connaissant Tonton Raymond, on peut toutefois être sûr qu’il nous sortira une surprise de son chapeau. Soit sur le mode « je ne me déjuge pas », et alors va pour Mavuba à défaut de Mendy – faut pas pousser. Soit sur le mode Chimbonda/Jurietti et alors là, les paris sont ouverts. Thomert ? Bodmer ? Faubert ? Balmont ? Benoit Cheyrou ? Ou mieux : Fabrice Fiorèse. Juste pour rigoler.

Michaël Hajdenberg