Karabatic et les Montpelliérains vers une mise en examen pour «corruption»?

HANDBALL Le procureur de la République de Montpellier évoque des faits de corruptions actives et passives...

Vincent Vantighem

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Brice Robin, le Procureur de la République de Montpellier, le 1er octobre, lors d'un point-presse.
Brice Robin, le Procureur de la République de Montpellier, le 1er octobre, lors d'un point-presse. — PASCAL GUYOT / AFP

«La bêtise humaine est la seule chose qui donne une idée de l’infini…» Brice Robin, le procureur de la République de Montpellier (Hérault) est allé piocher dans les citations de l’un de ses anciens professeurs pour donner son avis sur l’affaire du prétendu match de handball truqué entre Montpellier et Cesson (Ille-et-Vilaine), en mai 2012. A lendemain de l'interpellation de dix-huit personnes, quinze sont toujours gardées à vue. Mickaël Robin, Wissem Hmam et Vid Kavticnik ont été libérés pour des raisons techniques mais sont toujours concernés par l'affaire. A l'inverse, Issam Tej est venu s'ajouter aux personnes suspectées. D’après le procureur de Montpellier, ces prolongations de garde à vue devraient aboutir sur autant de présentations aux juges d’instruction, mardi, en vue d’éventuelles mises en examen pour des faits  de «corruption active et passive». Les deux compagnes des frères Karabatic seront d'ailleurs les premières à subir ce traitement, comme l'a indiqué Brice Robin. 

Car le magistrat du parquet a refait le match litigieux. Et, avec le résultat des investigations menées, dont des mises sur écoutes, il est en mesure de dire que «certains joueurs ont, semble-t-il, retenu leur bras» , lors de la victoire des Bretons (31-28). «De très fortes suspicions pèsent sur le non-respect de l’éthique sportive », a assuré Brice Robin qui, statistiques à l’appui, a pointé du doigt la «curieuse métamorphose» de l’équipe de Montpellier. Accusé d’avoir laissé filer le match contre Cesson, le MAHB s’est transformé en une formation «combative» le week-end d’après.

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Si Jeny Priez, la compagne de Luka Karabatic, a reconnu face aux enquêteurs avoir parié sur ce match «pour le compte» et «avec l’argent» de son compagnon, les autres mis en cause n’ont pas pour autant avoué avoir laissé filer le match. «Nous leur avons demandé de garder le silence en attendant de voir le juge, confie à 20 Minutes Jean-Yves Liénard, l’avocat du gardien Michaël Robin dont la performance a été égratignée par le procureur. Ils ont sans doute pris des paris comme des gamins attardés. Mais en aucun cas, ils n’ont laissé filer le match. Il suffit de regarder la cassette pour s’en assurer.» Peu convaincu, le procureur a prévu de réclamer le placement sous contrôle judiciaire des mis en cause et le dépôt d’une caution «à hauteur des sommes indûment perçues», soit 252 000 euros.