« Je n'ai jamais pensé abandonner »

propos Recueillis par David Phelippeau

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Sylvie Joly a souffert quand elle est montée sur son vélo mais elle a gardé le sourire.
Sylvie Joly a souffert quand elle est montée sur son vélo mais elle a gardé le sourire. — F.Senard/Audencia

Le triathlon s'écrit plus que jamais au féminin. De 3 900 licenciées femmes en 2004, la Fédération en comptabilise 7 500 aujourd'hui. Le triathlon d'Audencia La Baule n'infirme pas ce phénomène, le nombre de participantes passant de 10 % en 2007 à 26 % en 2011. Cette année, nous avons suivi Sylvie Joly, une manipulatrice en radiologie à l'hôpital de Nantes, de bientôt 52 ans, qui s'est attaqué, dimanche, à son premier triathlon. Récit du dossard 594, qui a terminé 1002e sur 1079 participants (hommes compris) en 1 h 46'02''.
Pourquoi se lancer ce défi ? « Des amis le font depuis trois ans. Sur un coup de tête, je me suis dit pourquoi pas. Je fais des marathons (quatre déjà) et un peu de vélo avec mon mari. J'ai voulu associer toutes ses disciplines et me lancer un défi personnel. Plus l'échéance arrivait, plus je me demandais pourquoi j'avais signé… Ma préparation a été compliquée car j'ai eu une tendinite. Depuis trois ou quatre mois, je me suis entraînée à la natation, j'ai pris des cours de crawl… »

Sylvie a ramé en natation. « J'appréhendais beaucoup les 500 m de natation en mer. J'ai eu du mal. Il y a les vagues, le courant et les autres qui nagent très près de vous… Je n'ai quasiment pu faire que de la brasse au final. J'ai fait ce que j'ai pu. J'étais dans les dernières à sortir de l'eau. Heureusement que les femmes sont parties après les hommes, car j'aurais complètement paniqué avec tout ce monde. J'ai souffert pendant la natation, mais je n'ai jamais pensé abandonner. »

Une envie de recommencer. « Quand je suis sortie de l'eau, j'avais le tournis. Je ne marchais pas droit, j'avais l'impression d'avoir perdu beaucoup d'énergie. J'ai pris alors le vélo (20 km). J'étais fière de dépasser des garçons. Passer du vélo à la course à pied (5 km), c'est l'horreur, on a les jambes coupées. C'était dur d'associer les trois épreuves, mais sympa. Je referai des triathlons. »