la feuille de match de daniel sanchez

françois launay

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M.LIBERT/20 MINUTES

Chaque week-end, c'est le même casse-tête qui recommence pour les coachs de Ligue 1. Quelle équipe aligner pour le match à venir ? Choix des hommes, de la tactique, prise et annonce de la décision, Daniel Sanchez, l'entraîneur de Valenciennes, qui se déplace samedi à Brest, nous explique le cheminement de sa réflexion.

La prise de décision. « Généralement, je fais mes choix la veille du match. Il y a parfois des situations qui sont claires dès le début de la semaine. Quelquefois, on le sait très tôt, mais il peut se passer quelque chose en fin de semaine et ça chamboule tout. Le plus souvent, je tranche après la dernière séance du vendredi. Il vaut mieux garder du temps pour prendre la décision quand on a tous les éléments. »

La mise en place tactique. « ça nous arrive de le faire, mais ce n'est pas systématique. Si on met en place l'équipe trop tôt, il peut y avoir une démobilisation des autres joueurs. Et si on ne le fait pas, ça permet de concerner tout le monde. Il faut toujours laisser un doute quelque part. C'est pour ça que même quand je fais une opposition, je change quelque chose. Même si les joueurs ne sont pas dupes. »

L'annonce de l'équipe « Je donne ma décision aux joueurs le matin du match. C'est le moment où on fait une séance de vidéo sur le plan collectif et tactique. Vu qu'à ce moment-là, je dis aux joueurs comment on va jouer, je donne l'équipe. »

Le choix des hommes. « J'explique très rarement mes choix aux joueurs. Et si je peux les expliquer, je ne justifie pas mes choix, car je n'ai pas à le faire. Si on veut tout justifier, on se coince tout seul. Car il y a des choix évidents et d'autres plus subjectifs à travers les associations que je souhaite mettre en place. J'en discute avec mon staff, mais au final, c'est moi qui prends la décision. Vu que c'est subjectif, on peut me contrer là dessus. Et dans ce cas-là, on ne s'en sort plus »

Le choix tactique. « Quand on joue à domicile, l'idée c'est d'imposer notre jeu à l'adversaire 80 % du temps. Quand c'est à l'extérieur, c'est plutôt deux tiers du temps. Si on veut garder une identité de jeu, il faut conserver ses principes. Sinon, on ne fait que s'adapter à l'adversaire et dans ces cas-là quel message on envoie aux joueurs ? Souvent, je ne tiens pas compte de la façon dont joue l'adversaire. » W