Le Stade Français ne veut toujours pas parler de crise

Julien Laloye

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Julien Dupuy porte le ballon face à l'Aviron Bayonnais, le 25 août 2012 à Bayonne.
Julien Dupuy porte le ballon face à l'Aviron Bayonnais, le 25 août 2012 à Bayonne. — I.Gaizka/SIPA

Il y a des discours qui ne résistent pas à la réalité. Samedi, à Chaban-Delmas, le Stade Français tenait encore son bonus défensif à deux minutes de la fin, le minimum syndical pour éviter une remise en question trop douloureuse. Jusqu’à ce qu’un coup de sifflet sévère de l’arbitre ne sanctionne Hugo Bonneval, coupable d’être parti avant le coup de pied à suivre de Plisson sur la dernière action du match (30-22). Le genre de décisions contraires qui tombent généralement sur des équipes déjà dans la panade.

Personne ne veut tirer la sonnette d’alarme

Et qui ne doivent rien au hasard dans le cas du Stade Français, désormais relégable (13e du Top 14), en dépit des propos rassurants de Richard Pool-Jones: «On est une équipe qui est en train de naître dans la difficulté. Il y a beaucoup de choses qui n'ont pas souri, ça ne peut pas continuer. Si on continue d'avoir cet engagement physique, cela va finir par passer.» Le directeur sportif parisien, qui avait déjà accusé les médias «d’inventer une crise» après le nul concédé contre Castres (20-20), continue de s’accrocher au projet de jeu ambitieux qu’il essaie de mettre en place depuis son arrivée.

A sa décharge, ce n’est pas le seul, ce qui tend à confirmer l’idée que le groupe parisien et son staff sont –toujours- sur la même longueur d’onde. Mais si Julien Dupuy est lui aussi venu répéter qu’il sentait «un groupe qui tirait dans la même direction», il faudrait que ça commence à se traduire sur le terrain. A Bordeaux, le Stade Français n’a jamais été en position de l’emporter, seulement maintenu en vie par la réussite de Jérôme Porical au pied. Dans le jeu, le festival d’approximations et de ballons tombés a parfois conduit à se demander si les joueurs parisiens s’étaient déjà entraînés ensemble.

Perpignan, un match à quitte ou double?

Au micro de Canal+ sport, Geoffrey Doumayrou a été le seul à s’inquiéter ouvertement: «On est à moitié perdus par moments sur le terrain. Faut vraiment se remettre en question, parce que là c’est catastrophique.» Un pessimisme qui tranche avec le discours ambiant, encore relayé par Pool-Jones: «Il n'y a pas de panique, nous sommes déçus, pas abattus, au contraire, on est déterminés pour reprendre de la façon la plus efficace possible.» La réception de Perpignan samedi prochain à Charléty ressemble pourtant au match de la dernière chance pour le nouveau projet parisien et son staff. Qu’il le veuille ou non.