deschamps, père sévère

bertrand volpilhac

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Le sélectionneur Didier Deschamps.
Le sélectionneur Didier Deschamps. — NIVIERE / SIPA

Avant de juger plus en détail le potentiel des Bleus de Didier Deschamps, il faudra attendre le 16 octobre et le périlleux déplacement en Espagne. Mais après deux matchs de qualification pour la Coupe du monde 2014, les Bleus ont fait le plein de points et de confiance. Et c'est en grande partie grâce aux méthodes de Deschamps, qui a déjà réussi à façonner une équipe à son image.

La culture de la gagne. Didier Deschamps n'a cessé de le répéter avant de partir en Finlande, l'équipe de France doit apprendre la « culture de la gagne ». « L'objectif, c'est de se qualifier, martelait-il alors. Quand on entame une phase de qualification, c'est pour finir premier. » Même quand on a l'ogre espagnol dans la poule ? « Je ne veux pas qu'on commence en se disan t: “De toute façon, on finira deuxième.” ». C'est ça, la mentalité Deschamps. « Ce qu'il essaie de nous inculquer, c'est d'être déterminés, enchaîne Mathieu Valbuena, qui a été sous ses ordres à l'OM. A Marseille, on n'était pas très beaux à voir jouer, mais on a gagné beaucoup de matchs au mental.... » Ce fut déjà le cas en Finlande (0-1), où les Bleus ont été secoués, mais ont tenu bon.

Une autorité sur le groupe. « DD » avait prévenu, après les écarts de l'Euro, les joueurs n'« ont plus le droit à l'erreur ». Le sélectionneur des Bleus a instauré des règles de vie à l'intérieur du groupe France, sanctionnant notamment les retards ou les sonneries de téléphone inopportunes. « Je ne suis pas là pour leur dire ce qu'ils doivent faire ou ne pas faire, nuance-t-il. Ce ne sont pas des enfants et je ne suis pas instituteur à la maternelle. Je suis là pour les aider. » Et pour l'instant, cela fonctionne.

Des choix forts. Sur le terrain, aussi, Deschamps a montré qu'il était le patron. D'abord en faisant de son clone Rio Mavuba un des cadres de l'équipe. Et surtout, en exilant sur le côté droit face à la Biélorussie son attaquant star, Karim Benzema. « Ça semblait être la meilleure solution pour poser problème à notre adversaire », s'est-il contenté de justifier. En réalité, non seulement Deschamps a révolutionné le jeu offensif des Bleus, mais il a aussi expliqué à tout son groupe qui prenait les décisions sur le terrain. Ce qui n'était pas si évident que ça en d'autres temps.