Réforme des retraites : Heurts à Paris pour le troisième soir, manifestations dans plusieurs villes de France

CONTESTATION Dans la capitale, 81 personnes ont été interpellées samedi sur la place d’Italie et aux alentours. Le calme est revenu vers 22h30

20 Minutes avec AFP
Des manifestants contre la réforme des retraites, à Paris près de la place d'Italie le 18 mars 2023.
Des manifestants contre la réforme des retraites, à Paris près de la place d'Italie le 18 mars 2023. — JULIEN DE ROSA

Après l’activation jeudi du 49.3 pour faire passer la réforme des retraites, la colère ne s’essouffle pas dans la rue. A Paris, le quartier de la place d’Italie a ainsi été samedi soir le théâtre de heurts avec la police matérialisés notamment par des feux de poubelles ou encore des jets de projectiles.

Selon une source policière, 81 personnes ont été interpellées sur la place d’Italie et alentours, où le calme était revenu vers 22h30. Il s’agit de la troisième soirée de tensions dans la capitale.

Feux de poubelles et gaz lacrymogène

Les opposants à la réforme se sont déplacés du VIIIe au XIIIe arrondissement, car les rassemblements place de la Concorde et sur les Champs-Elysées avaient été interdits plus tôt dans la journée par la préfecture de police. Finalement, à l’appel de la CGT Ile-de-France, un cortège de « 4.000 » personnes selon la police a marché vers le quartier de la Butte-aux-Cailles dans le quartier de la place d’Italie. Lors de ce rassemblement, des feux de poubelles ont été allumés, des vitres de panneaux d’affichage et des abribus pris pour cibles, des barrières de chantiers utilisées pour bloquer des rues.

Vers 20 heures, les forces de l’ordre sont intervenues, notamment les Brigades de répression de l’action violente motorisées (BRAV-M), et ont fait usage de gaz lacrymogènes. La police a procédé à des charges. Dépêchés pour éteindre un feu place d’Italie, les pompiers en ont été empêchés par des groupes de jeunes et les forces de l’ordre sont « intervenues pour pousser les perturbateurs », a indiqué une source policière. Dans la pagaille, des personnes criaient « Macron démission », ou « si tu penses à Macron tu n’auras jamais de pognon ».

Entre 6.000 et 15.000 manifestants à Nantes

Ailleurs en France, la colère était également palpable samedi. Des rassemblements se sont en effet déroulés dans plusieurs lieux en régions, des grosses villes aux bourgs moyens : Lille, Amiens, Caen, Saint-Etienne, Roanne, Besançon, Dijon, Grenoble, Gap, Annecy, Lodève etc. Quelques centaines de manifestants ont aussi défilé à Marseille.

Certains cortèges ont compté plusieurs milliers de personnes, comme à Nantes (6.000 selon la police, 15.000 selon les syndicats) ou Brest (entre 5 et 8.000), avec quelques tensions. A Bordeaux, un cortège improvisé a réuni 1.900 personnes selon la préfecture. « Le président de la République suit évidemment l’évolution de la situation » sur le terrain, a pour sa part indiqué l’entourage d’Emmanuel Macron.