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« vers une ubérisation »« On va vers une déshumanisation des clients », dénoncent les taxis en grève

Grève des taxis : Face au covoiturage sanitaire, les chauffeurs dénoncent « une déshumanisation des clients »

« vers une ubérisation »Pour protester contre la mise en place du covoiturage sanitaire obligatoire, les chauffeurs de taxi de toute la France ont organisé une opération escargot, ce lundi matin
La rue de Metz, à Toulouse, ce matin, aux abords du métro Esquirol, a été prise d'assaut par un cortège de taxi qui venaient proteste contre la covoiturage sanitaire obligatoire.
La rue de Metz, à Toulouse, ce matin, aux abords du métro Esquirol, a été prise d'assaut par un cortège de taxi qui venaient proteste contre la covoiturage sanitaire obligatoire. - Maëva Fassino / 20 minutes
Maëva Fassino

Maëva Fassino

L'essentiel

  • Les professionnels du taxi ont exprimé leur colère ce lundi dans les rues dans grandes métropoles françaises, dont celle de Toulouse, où le directeur et le porte-parole de l’Union nationale des taxis sont en déplacement. Ils protestent contre le caractère obligatoire du covoiturage sanitaire.
  • « Ubérisation du taxi », « déshumanisation les clients », « perte de liens entre chauffeurs et clients » : les craintes des chauffeurs de taxi sont multiples. Ils les ont déjà exprimés au travers d’amendements déposés, 30 au total. Tous ont été rejetés.
  • Portés par l’UNT, les professionnels du taxi espèrent être entendus sur leurs revendications, et menacent, si ce n’est pas le cas, de poursuivre et d’intensifier ce mouvement de contestation.

Les chauffeurs de taxi tirent la sonnette d’alarme. Ce lundi, l’Union nationale des taxis (UNT) a lancé un appel à la grève, prenant la forme d’opérations escargots, dans toutes les métropoles de France. Ils protestent contre la mise en place du covoiturage sanitaire obligatoire, prévue par l’article 30 de la loi du financement de la Sécurité sociale. « On va vers une ubérisation du taxi conventionnel », dénonce Philippe Durand, président de l’UNT.

Avec le caractère obligatoire du covoiturage pour le transport sanitaire, les chauffeurs de taxi redoutent la mise en place de plateforme de mise en relation, de type Uber. Ces derniers craignent également que cette systématisation de la pratique du covoiturage mette en péril le secret médical de certains patients, et entrainent un « entassement » des patients. « C’est clairement une façon de les déshumaniser », souligne Stéphane Abeilhou, porte-parole de l’UNT.

Ce qui différencie aussi les chauffeurs des plateformes, comme Uber, des taxis, selon ces derniers, c’est la proximité avec leurs clients. Le passage par une plateforme de mise en relation viendrait, selon l’UNT, rompre ce lien « parfois amical », comme le qualifie Stéphane Abeilhou, et qui est, toujours selon ses dires, « d’autant plus essentiel dans le cas du transport médical ».

De nouvelles grèves « jusqu’aux Jeux olympiques s’il le faut »

Ce mécontentement, les chauffeurs l’ont déjà exprimé de plusieurs fois. Au total, 30 amendements ont été déposés par l’UNT, tous rejetés. « Nous ne sommes pas écoutés donc nous mettons en place une opération plus visible. Aujourd’hui c’est un avertissement », explique le président de l’UNT. Un avertissement qui pourrait annoncer des opérations plus larges et durables. C’est en tout cas ce que promet l’UNT si leurs exigences ne sont pas prises en compte. De nouvelles grèves « en janvier, sur plusieurs jours, voire s’il le faut jusqu’aux Jeux olympiques » pourraient être organisées.

Une mesure radicale, mais que les professionnels du taxi justifient par la part que représente le transport sanitaire sur l’ensemble de leurs trajets : environ la moitié des trajets pour les taxis urbains et la quasi-totalité pour les taxis ruraux, selon l’UNT. Représentant 4 % du budget de la Sécurité sociale, et 44 % des trajets sanitaires effectués, le transport médical par le biais des compagnies de taxis pourrait donc être touché durablement.

Notre dossier sur les taxis

En Haute-Garonne, 650 taxis sont conventionnés par Sécurité sociale, et donc directement concernés. Cette après-midi, Philippe Durand, directeur de l’UNT, rencontrera le directeur de cabinet d’Emmanuel Macron, en déplacement à Toulouse pour les deux ans de France 2030, pour évoquer les solutions envisageables.

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