En images : La contestation en Guadeloupe et en Martinique se poursuit

diaporama Le point sur la situation incandescente en Outre-mer

O.J. avec AFP
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Une personne tient une barricade bloquant un pont le 25 novembre 2021 à Fort-de-France, sur l'île des Caraïbes françaises de la Martinique.
Une personne tient une barricade bloquant un pont le 25 novembre 2021 à Fort-de-France, sur l'île des Caraïbes françaises de la Martinique. — LOIC VENANCE/AFP

Quatre journalistes français, dont un photographe de l'Afp, ont essuyé trois tirs de la part d'hommes circulant en moto dans une rue déserte de Fort-de-France, alors qu'ils étaient en train de filmer et de prendre des photos à bonne distance d'un barrage en feu.

La Guadeloupe et la Martinique, distantes de 120 km l'une de l'autre, connaissent un important mouvement de contestation, né du refus de l'obligation vaccinale pour les soignants et les pompiers, qui a dégénéré en crise sociale, révélant les attentes d'une population où beaucoup vivent sous le seuil de pauvreté et où le chômage des jeunes explose. Ce mouvement social est accompagné de violences urbaines nocturnes qui ont poussé le préfet de Martinique à instaurer jeudi un couvre-feu de 19H00 à 5H00, tandis que le préfet de Guadeloupe prolongeait celui ayant déjà cours dans l'île.

En images, le point sur la situation en Outre-mer.


Réalisation : Olivier JUSZCZAK

  • Emeutes dans une rue de Pointe-à-Pitre, en Guadeloupe, le 18 novembre 2021.
    Emeutes dans une rue de Pointe-à-Pitre, en Guadeloupe, le 18 novembre 2021. — JOURDIER/ZEPPELIN/SIPA

    En Guadeloupe, un appel à la grève générale illimitée a été lancé par un collectif d'organisations syndicales et citoyennes pour protester contre le pass sanitaire et l'obligation vaccinale des soignants contre le Covid-19 depuis le lundi 15 novembre.

  • Des reporters travaillent près d'une boutique et d'un immeuble carbonisés dans une rue de Pointe-à-Pitre, en Guadeloupe, le dimanche 21 novembre 2021.
    Des reporters travaillent près d'une boutique et d'un immeuble carbonisés dans une rue de Pointe-à-Pitre, en Guadeloupe, le dimanche 21 novembre 2021. — ELODIE SOUPAMA/AP/SIPA

    Le président de la Région Guadeloupe, Ary Chalus, a exprimé mercredi 17 novembre son inquiétude devant l'appel à la grève générale qui provoque de nombreux blocages sur l'île, mais a rappelé que l'obligation vaccinale n'était pas la seule cause du ras-le bol des Guadeloupéens.

  • Un magasins pillé à Pointe-à-Pitre, en Guadeloupe, le 22 novembre 2021.
    Un magasins pillé à Pointe-à-Pitre, en Guadeloupe, le 22 novembre 2021. — JOURDIER/ZEPPELIN/SIPA

    Dans la nuit de vendredi à samedi 20 novembre, alors qu'un couvre-feu avait été instauré entre 18H00 et 5H00, des pharmacies et des commerces ont notamment été visés. Selon le ministère de l'Intérieur, 38 interpellations ont été effectuées.

  • Des débris laissés par des manifestants qui bloquent une rue dans l'île de la Guadeloupe, le 22 novembre 2021.
    Des débris laissés par des manifestants qui bloquent une rue dans l'île de la Guadeloupe, le 22 novembre 2021. — GILLES MOREL/SIMAX/SIPA

    Dimanche 22 novembre, à l'issue d'une réunion de crise en fin de journée à Paris, le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, a annoncé l'envoi dans l'île d'une cinquantaine de membres des forces d'élite du GIGN et du Raid.

  • Le quartier Le Gosier à Pointe-à-Pitre, en Guadeloupe, le 23 novembre 2021.
    Le quartier Le Gosier à Pointe-à-Pitre, en Guadeloupe, le 23 novembre 2021. — PHILIPPE BLET/SIPA

    Né du refus de l'obligation vaccinale pour les soignants et les pompiers, le mouvement a dégénéré en crise sociale, révélant les attentes d'une population où beaucoup vivent sous le seuil de pauvreté et où le chômage des jeunes explose.

  • Un camion calciné, en Guadeloupe, le 23 novembre 2021.
    Un camion calciné, en Guadeloupe, le 23 novembre 2021. — PHILIPPE BLET/SIPA

    Le département avait alerté fin 2020, chaque jour un millier de demandes de RSA était formulé auprès de ses services. Selon l'Insee, le taux de chômage s'établissait à 17% en 2020 et touchait un jeune de moins de 29 ans sur trois. Un tiers de la population vit sous le seuil de la pauvreté.

  • Un femme marche dans une rue de Pointe à Pitre, en Guadeloupe, le 23 novembre 2021.
    Un femme marche dans une rue de Pointe à Pitre, en Guadeloupe, le 23 novembre 2021. — PHILIPPE BLET/SIPA

    Signe que la tension reste vive, le préfet de Guadeloupe a décidé la prorogation du couvre-feu de 18 heures à 5 heures, dont l'application expirait mardi, jusqu'au samedi 28 novembre.

  • Manifestation en Guadeloupe, le 24 novembre 2021.
    Manifestation en Guadeloupe, le 24 novembre 2021. — PHILIPPE BLET/SIPA

    En France, près de 70% de la population est vaccinée. La Guadeloupe, bien que frappée par une vague épidémique très violente cet été, peine à dépasser les 35% de personnes au parcours vaccinal complet.

  • Une voiture retournée en Guadeloupe, le 24 novembre 2021.
    Une voiture retournée en Guadeloupe, le 24 novembre 2021. — PHILIPPE BLET/SIPA

    Selon des sociologues, l'opposition aux vaccins reflète aussi la défiance de la population envers les autorités depuis le scandale du chlordécone.

  • Cette photographie prise le 25 novembre 2021 montre des véhicules incendiés à Sainte-Rose, sur l'île antillaise française de Guadeloupe à la suite de jours d'émeutes contre les mesures de Covid-19.
    Cette photographie prise le 25 novembre 2021 montre des véhicules incendiés à Sainte-Rose, sur l'île antillaise française de Guadeloupe à la suite de jours d'émeutes contre les mesures de Covid-19. — CHRISTOPHE ARCHAMBAULT/AFP

    Considéré comme perturbateur endocrinien et cancérogène probable, ce pesticide interdit en France en 1990 est resté autorisé dans les champs de bananes de Martinique et de Guadeloupe par dérogation ministérielle jusqu'en 1993, provoquant une pollution importante et durable. Plus de 90% de la population adulte est contaminée par le chlordécone, selon Santé publique France.

  • Des manifestants participent à un rassemblement à Fort-de-France, dans l'île de la Martinique, le 22 novembre 2021.
    Des manifestants participent à un rassemblement à Fort-de-France, dans l'île de la Martinique, le 22 novembre 2021. — LOIC VENANCE/AFP

    Alors que la contestation sociale grondait en Guadeloupe depuis une semaine, un appel à la grève générale a été lancé en Martinique, à partir de lundi 22 novembre.

  • Des syndicalistes bloquent une route à Fort-de-France, en Martinique, le 24 novembre 2021.
    Des syndicalistes bloquent une route à Fort-de-France, en Martinique, le 24 novembre 2021. — LOIC VENANCE/AFP

    Le préfet de Martinique a instauré jeudi un couvre feu « de 19H00 à 5H00 jusqu'au retour au calme » pour faire face aux « violences urbaines nocturnes » depuis lundi, a-t-il annoncé dans un communiqué.

  • L'épave d'une voiture incendiée bloque une route à Fort-de-France, le 25 novembre 2021.
    L'épave d'une voiture incendiée bloque une route à Fort-de-France, le 25 novembre 2021. — LOIC VENANCE/AFP

    Après de nouvelles violences dans la nuit, le mouvement de contestation se poursuivait jeudi dans les Antilles, en attendant l'issue d'une rencontre des syndicats martiniquais avec les autorités, et une visioconférence du ministre des Outre-mer Sébastien Lecornu avec des élus de Guadeloupe.

  • Une photo montre une voiture incendiée lors d'un barrage routier à Le Lamentin, sur l'île des Caraïbes françaises de la Martinique, le 25 novembre 2021, lors d'une grève générale appelée par les syndicats.
    Une photo montre une voiture incendiée lors d'un barrage routier à Le Lamentin, sur l'île des Caraïbes françaises de la Martinique, le 25 novembre 2021, lors d'une grève générale appelée par les syndicats. — LOIC VENANCE/AFP

    Le blocage de certains axes perdurait sur les deux îles, secouées depuis plusieurs jours par une forte contestation mêlée de revendications sociales et de luttes contre les mesures sanitaires.

  • Une personne tient une barricade bloquant un pont le 25 novembre 2021 à Fort-de-France, sur l'île des Caraïbes françaises de la Martinique.
    Une personne tient une barricade bloquant un pont le 25 novembre 2021 à Fort-de-France, sur l'île des Caraïbes françaises de la Martinique. — LOIC VENANCE/AFP

    Malgré l'instauration d'un couvre-feu, des violences ont de nouveau perturbé la Martinique, dans la nuit de jeudi à vendredi, avec des tirs visant des journalistes et des policiers, dont l'un a été blessé. Quatre journalistes français, dont un photographe de l'Afp, ont essuyé trois tirs de la part d'hommes circulant en moto dans une rue déserte de Fort-de-France, alors qu'ils étaient en train de filmer et de prendre des photos à bonne distance d'un barrage en feu.

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