Le procureur Courroye conteste sa mutation forcée

Reuters
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L'ex-procureur de Nanterre  (Hauts-de-Seine) Philippe Courroye, magistrat emblématique de l'ère  Sarkozy, a contesté jeudi devant le Conseil d'Etat sa mutation de force  au parquet général de Paris par la nouvelle majorité socialiste, qu'il  voit comme politique et arbitraire. Le Conseil d'Etat, plus haute juridiction administrative du pays, a  mis sa décision en délibéré au 12 septembre sur cette procédure en  référé (urgence).

«Je ne comprends toujours pas les raisons de cette décision de mutation» a dit Philippe Courroye à l'audience. Le représentant du ministère, qui a ordonné la mutation «dans  l'intérêt du service» après avis favorable du Conseil supérieur de la  magistrature (CSM), évoque la dégradation du climat au tribunal de  Nanterre et certains dossiers. Philippe Courroye est mis en cause notamment du fait de poursuites  disciplinaires engagées contre lui pour l'espionnage de factures  téléphoniques détaillées («fadettes») de journalistes du Monde demandé  en 2010 en marge des procédures visant la fortune de l'héritière de  L'Oréal Liliane Bettencourt

Philippe Courroye veut quitter la magistrature et devenir avocat à  Paris, ce qui n'est plus possible depuis qu'il fait partie du parquet  général de Paris. Il se dit victime d'une «chasse à l'homme» et d'un «lynchage» qui seraient dûs à sa trop grande indépendance d'esprit. Les syndicats de magistrats rétorquent que Philippe Courroye  lui-même ne voulait pas d'un statut d'indépendance du parquet, car il  n'a pas signé un appel en ce sens lancé juste avant l'élection  présidentielle par 126 des 163 procureurs du pays.