Affaire Bettencourt: Eric Woerth entendu par le juge Gentil

JUSTICE Il a également été confronté à Claire Thibout, l'ancienne comptable de la famille Bettencourt...

M.Gr. avec AFP

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L'enquête sur un possible financement de la campagne présidentielle de 2007 de Nicolas Sarkozy par l'argent des Bettencourt est repartie mercredi avec une audition à Bordeaux de l'ancien ministre et ex-trésorier de l'UMP Eric Woerth par le juge Jean-Michel Gentil, a-t-on appris de source proche du dossier.
L'enquête sur un possible financement de la campagne présidentielle de 2007 de Nicolas Sarkozy par l'argent des Bettencourt est repartie mercredi avec une audition à Bordeaux de l'ancien ministre et ex-trésorier de l'UMP Eric Woerth par le juge Jean-Michel Gentil, a-t-on appris de source proche du dossier. — Francois Nascimbeni afp.com

L'enquête sur un possible financement de la campagne présidentielle de 2007 de Nicolas Sarkozy par l'argent des Bettencourt est repartie mercredi avec une audition à Bordeaux de l'ancien ministre et ex-trésorier de l'UMP Eric Woerth par le juge Jean-Michel Gentil, a-t-on appris de source proche du dossier.

Cette audition est de nature à relancer les spéculations sur une possible future convocation par le juge de Nicolas Sarkozy en personne. Eric Woerth a également été confronté pendant plus d'une heure et demie à l'ancienne comptable des Bettencourt, Claire Thibout, a-t-on appris de même source.

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L'ancien ministre avait été mis en examen en février dans le cadre des affaires Bettencourt. Le 8 il avait été mis en examen pour trafic d'influence passif, car il est soupçonné d'avoir fait obtenir une Légion d'Honneur à l'ancien homme de confiance de Liliane Bettencourt Patrice de Maistre, en échange d'un emploi pour sa femme Florence dans la société Clymène travaillant pour Liliane Bettencourt. Le 9 il avait été mis en examen pour «recel» d'une supposée somme en numéraire remise par Patrice de Maistre.

Claire Thibout, qui n'est pas poursuivie dans ces affaires, a toujours affirmé que début 2007, soit quelques mois avant l'élection présidentielle emportée par Nicolas Sarkozy, Patrice de Maistre lui avait demandé 150.000 euros en liquide qu'il avait dit destiner à Eric Woerth, qu'elle n'avait pu lui en remettre que 50.000, et que quelques jours plus tard Patrice de Maistre lui avait vanté l'avantage d'avoir des comptes en Suisse. Cela avait fait penser à la comptable que Patrice de Maistre avait pu trouver les 100.000 euros manquants sur des comptes de Liliane Bettencourt dans ce pays.

Comptes de campagne 2007

Mercredi, Claire Thibout a répété tout cela, en insistant sur le fait qu'elle n'avait jamais eu affaire à Eric Woerth en personne. Lui a démenti de nouveau toute remise d'une telle somme par Patrice de Maistre et toute malversation dans la gestion des comptes de la campagne de 2007. Patrice de Maistre, mis en examen à plusieurs reprises et qui a passé près de trois mois en prison cette année dans le cadre de ces affaires, a toujours nié également les dires de Claire Thibout.

Le juge Gentil a également posé quelques questions à l'ancienne comptable sur ses relations avec Florence Woerth, qui étaient rares mais courtoises selon la comptable. Il l'a interrogée aussi sur ce qu'elle savait du total de quatre millions d'euros en liquide dont Patrice de Maistre avait demandé le rapatriement depuis les comptes suisses des Bettencourt entre 2007 et 2009, et dont chacun ignore ce qu'ils sont devenus. Elle a indiqué ne pas le savoir non plus.

Nicoals Sarkozy

Le juge essaie de déterminer si les Bettencourt, ou de l'argent des Bettencourt, auraient financé dans des proportions dépassant les seuils légaux la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007.

Le juge a déjà fait saisir les comptes de campagne, il a interrogé des fournisseurs. Il disposerait de plusieurs témoignages évoquant des visites de Nicolas Sarkozy à cette époque chez les Bettencourt, et a perquisitionné début juillet le domicile et les bureaux de l'ancien président de la République. La juge de Nanterre Isabelle Prévost-Desprez a aussi affirmé publiquement connaître deux personnes qui auraient vu Nicolas Sarkozy toucher directement de l'argent.

Celui-ci a toujours nié de telles pratiques. Il a pris les devant en envoyant en juin son agenda de début 2007 au juge. Il a admis une visite à André Bettencourt le 24 février 2007, arguant que cela n'avait rien d'étonnant alors qu'ils habitent la même ville et que Nicolas Sarkozy et André Bettencourt partagent les mêmes idées politiques.