Michel Neyret devant le conseil de discipline de la police

JUSTICE L'ancien numéro deux de la PJ de Lyon risque une sanction pouvant aller jusqu'à la suspension ou la révocation...

M.Gr. avec AFP

— 

L'ex-numéro deux de la police judiciaire (PJ) de Lyon, Michel Neyret, mis en examen dans une affaire de trafic d'influence et de stupéfiants, comparaît mardi à Paris, devant le conseil de discipline de la police.
L'ex-numéro deux de la police judiciaire (PJ) de Lyon, Michel Neyret, mis en examen dans une affaire de trafic d'influence et de stupéfiants, comparaît mardi à Paris, devant le conseil de discipline de la police. — Jean-Christophe Verhaegen afp.com

L'ex-numéro deux de la police judiciaire (PJ) de Lyon, Michel Neyret, mis en examen dans une affaire de trafic d'influence et de stupéfiants, comparaît ce mardi à Paris, devant le conseil de discipline de la police.

L'ancien responsable policier, figure emblématique de la PJ, est attendu vers 15h devant l'instance disciplinaire, située rue Nélaton (XVème), pour une «série de faits» et de «manquements» comme la violation du secret professionnel, a précisé une source policière.

«Serein et avide de donner des explications»

L'un de ses défenseurs, Yves Sauvayre, a précisé à l'AFP que Michel Neyret serait présent à ce conseil qui est un «enjeu» pour lui car il risque la révocation sans droit à la retraite ce qui, «eu égard à sa carrière», serait «très préjudiciable». Me Yves Sauvayre a confirmé que lui sont reprochés une «cascade» de faits «en rapport» avec ses démêlés judiciaires. Me Gabriel Versini, son autre défenseur, sera également présent.

«Il est serein et avide de donner des explications à ses pairs», a déclaré à l'AFP Gabriel Versini. L'avocat lyonnais a rencontré l'ancien commissaire divisionnaire il y a deux semaines à Paris pour consulter avec lui son dossier disciplinaire.

Michel Neyret a été mis en examen en octobre 2011, notamment pour corruption, trafic d'influence, association de malfaiteurs ou encore trafic de stupéfiants. Il a été remis en liberté en mai après près de huit mois de détention provisoire à la prison de la Santé à Paris.

«Le tourniquet»

Placé sous un strict contrôle judiciaire, il vit dans l'est de la France où il pointe chaque jour à la gendarmerie. Il ne s'est pas exprimé sur le fond du dossier depuis sa remise en liberté. S'il a concédé des «imprudences» en acceptant cadeaux et «faveurs» en échange de renseignements (notamment des fiches de police), il a toujours réfuté tout enrichissement personnel.

Le conseil de discipline, surnommé «le tourniquet» dans le jargon policier, est composé à parité de membres de l'administration et du personnel. Il propose, ou non, une sanction (suspension ou révocation par exemple) de fonctionnaires de police soupçonnés de fautes ou de manquements.

En dernier ressort, c'est le ministre de l'Intérieur qui décide de suivre ou pas ce que recommande le «tourniquet», se pliant dans la majorité des cas à ses propositions.