Le ministre des Transports se jette à l'eau

à lille, Olivier Aballain

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Le ministre Frédéric Cuvillier.
Le ministre Frédéric Cuvillier. — M.LIBERT/20 MINUTES

randes manœuvres sur le canal. En déplacement lundi au siège de Voies navigables de France (VNF) à Béthune (Pas-de-Calais), le ministre des Transports, Frédéric Cuvillier (PS), a surtout voulu désensabler le canal Seine-Nord. Non, ce projet de 106 km reliant le bassin de la Seine (Compiègne) au nord de l'Europe n'est pas « suspendu », comme l'avait laissé entendre Bouygues à la fin août. Selon le ministre, « le canal Seine-Nord est l'une des réponses économiques au besoin de croissance dans notre pays ».

La piste « projects bonds »
Ca va mieux en le disant. Parce que Frédéric Cuvillier a aussi demandé d'affiner l'estimation du projet. Evalué en 2009 à 4,3 milliards d'euros (au lieu de 3,17 milliards trois ans plus tôt), le canal Seine-Nord devait être financé par un partenariat public-privé (PPP). Il reste à trouver le partenaire, alors que le coût a probablement grimpé à 4,6 milliards selon Alain Gest, président de VNF. Bouygues et Eiffage ont fait part de leur intérêt. Mais le dialogue compétitif (affinage des offres), qui devait se terminer en octobre, se prolongera sans doute au-delà. Le ministre, lui, n'exclut aucune issue, y compris l'abandon de la formule PPP. « Si nous ne pouvons pas nous appuyer sur un partenaire privé, nous chercherons une autre solution. »
En attendant, une contribution accrue des collectivités est à l'étude. « Mais tout le monde devra prendre sa part », prévient Alain Wacheux, vice-président (PS) aux transports de la région Nord-Pas-de-Calais. L'Europe sera aussi sollicitée, alors qu'elle ne finance que 6,2 % du projet. Frédéric Cuvillier compte sur les « projects bonds obtenus par François Hollande au conseil européen en juillet » (120 milliards de financement) pour remettre de l'huile dans les rouages. Pour être éligible, le dossier devra être monté d'ici à la fin de l'année. « S'il faut un retard de quelques mois pour mieux penser ce projet, ça vaut le coup », estime d'ailleurs Patrick Kanner, président (PS) du conseil général du Nord.