Marseille: Pour Hollande, «l'armée n'a pas sa place pour contrôler les quartiers»

SÉCURITÉ nuel Valls juge par ailleurs qu'il «faut une action en profondeur de la police et de la justice» pour s'attaquer au crime dans la ville...

E.O., avec Reuters
— 
François Hollande le 27 août 2012 à la conférence des ambassadeurs, à l'Elysée.
François Hollande le 27 août 2012 à la conférence des ambassadeurs, à l'Elysée. — LUDOVIC-POOL/SIPA

L’armée à Marseille pour rétablir l’ordre? François Hollande dit «non». «L'armée n'a pas sa place pour contrôler les quartiers», a affirmé le chef de l'Etat ce jeudi, rejetant ainsi l'appel de la sénatrice socialiste Samia Ghali qui a réclamé l’intervention de l'armée pour lutter contre le crime dans la ville, où les règlements de comptes liés au trafic de drogue se multiplient.

Quatorze personnes sont mortes dans des règlements de comptes à Marseille depuis le début de l'année. Dernier en date: un jeune homme de 25 ans abattu d'une rafale de kalachnikov dans les quartiers nord, mercredi soir.

«Il n’y a pas d’ennemi intérieur»

«Aujourd'hui, face aux engins de guerre utilisés par les réseaux, il n'y a que l'armée qui puisse intervenir. Pour désarmer les dealers d'abord. Et puis pour bloquer l'accès des quartiers aux clients, comme en temps de guerre, avec des barrages. Même si cela doit durer un an ou deux, il faut tenir», affirme la sénatrice dans une interview à La Provence.

«Je comprends l’appel au secours de Samia Ghali», a répondu Manuel Valls ce jeudi midi, «mais il est hors de question que l'armée puisse répondre à ces drames et à ces crimes. Il n'y a pas d'ennemi intérieur et pour s'attaquer au trafic de drogue, au banditisme, a ces règlements de comptes, au trafic d'armes, il faut une action en profondeur de la police et de la justice car les deux vont de pair». «Marseille est pour moi, et d'abord pour le Premier ministre et le gouvernement, une priorité qui mérite une réponse dans tous les aspects», a-t-il continué. «Cette ville, la deuxième ville de France, a besoin du soutien et de la protection de l'Etat», a-t-il ajouté, estimant que  «la situation de Marseille mérite une réponse globale et particulièrement forte.»

Une réunion le 6 septembre

Matignon n’a également pas tardé à réagir. Les services du Premier ministre ont ainsi annoncé que Jean-Marc Ayrault présidera le 6 septembre un comité interministériel consacré à l'élaboration d'un «programme d'action pour l'agglomération marseillaise».

Cette réunion suffira-t-elle à apaiser le climat à Marseille? De son côté, l’avocat – et membre du membre du conseil national du PS - Jean-Pierre Mignard a demandé à ce que l’état d’urgence soit proclamé dans une partie de la ville «pour donner des pouvoirs plus étendus à la police si le besoin s’en fait ressentir».