Seine-Saint-Denis: Des campements où vivaient des centaines de Roms évacués

DÉMANTÈLEMENT viron 500 personnes ont été évacuées, sans incident...

Oihana Gabriel (avec AFP)

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La police a démantelé mercredi matin, en application d'une décision de justice selon la préfecture, des campements de Roms à Stains (Seine-Saint-Denis), où vivaient plusieurs centaines de personnes, a constaté l'AFP.
La police a démantelé mercredi matin, en application d'une décision de justice selon la préfecture, des campements de Roms à Stains (Seine-Saint-Denis), où vivaient plusieurs centaines de personnes, a constaté l'AFP. — C. VILLEMAIN / 20 MINUTES

La police a démantelé ce mercredi matin, en application d'une décision de justice selon la préfecture, des campements de Roms à Stains (Seine-Saint-Denis), où vivaient plusieurs centaines de personnes, a constaté l'AFP.

Selon la préfecture, «l'évacuation a pris fin vers 9h sur un terrain en situation d'insalubrité importante et appartenant à une collectivité, en pleine rénovation urbaine». Ce campement est composé de plusieurs parcelles mais «toutes n'ont pas été évacuées», a précisé le collectif Romeurope.

Des bulldozers détruisent les baraques

Environ «500 personnes», selon la préfecture, ont été évacuées par la police, sans incident. Les associations présentes sur le terrain évoquent «entre 400 et 500 personnes». Certains Roms avaient commencé à quitter les lieux sans attendre l'arrivée de la police.

Ce mercredi en milieu de journée, des bulldozers avaient commencé à détruire des baraques, formant des amas de planches, tôles et bâches en plastique en contrebas d'un immeuble flambant neuf, a constaté une journaliste de l'AFP. Des bidonvilles où vivent d'autres Roms restaient debout juste à côté.

Des propositions de relogement?

Selon Joan, qui habite un de ces bidonvilles attenants, les Roms évacués «n'ont pas reçu de proposition d'hôtel pour dormir». Selon la préfecture, les habitants de ce camp, dont de nombreux enfants et des nouveaux-nés selon des associations, «n'ont pas accepté les propositions soit de relogement soit de départ volontaire».

Pour Grégoire Cousin, de l'association European roma rights center, «en Seine-Saint-Denis, il y a des expulsions très régulières». Au moins une tous les dix jours, selon lui.

Le maire de Stains, Michel Beaumale (Front de Gauche) avait réclamé depuis mars une table-ronde pour évoquer la situation des populations roumaines et bulgares dans ces camps. Dans un communiqué commun avec Patrick Braouezec (Front de Gauche), président de Plaine Commune, le maire de cette ville qui accueillerait environ mille personnes dans ces camps, s'insurge contre les expulsions sans solution de relogement. 

«Nous savons pertinemment que les expulsions sans solution durable ne règlent pas les choses. Elles précarisent encore un peu plus les familles. Celles-ci se réinstallent par nécessité à quelques centaines de mètres ou kilomètres des précédentes. Tous les efforts des services publics ou des associations pour l’accès à la santé, pour favoriser l’intégration des populations par la scolarisation des enfants et l’alphabétisation des adultes sont balayés d’un revers de main.»

Le maire et le président de la communauté d'agglomération, propriétaire d'un des deux terrains évacués, précise ses exigeances: «Nous demandons que la réunion interministérielle qui s’est tenue, il y a maintenant une semaine, soit suivie très rapidement de mesures concrètes et que les élus locaux les plus concernés par la présence de bidonvilles sur leur territoire soient reçus au plus vite par le gouvernement.»

Selon le cabinet du maire, ces 500 personnes avaient déjà quitté les lieux pendant la nuit ou très tôt ce matin. Il n'y a pas eu d'incidents ni de solution de relogement.