Délinquance roumaine: «Il s'agit de réseaux mafieux très bien structurés»

SÉCURITÉ e note de la police judiciaire confirme l'explosion des crimes et délits commis par des Roumains...

Mathieu Gruel
— 
Des policiers dans un camp de Bobigny, occupé par des Roumains, en janvier 2007
Des policiers dans un camp de Bobigny, occupé par des Roumains, en janvier 2007 — STEVENS FREDERIC/SIPA

Vols avec violence, cambriolages, vols de métaux ou dans les distributeurs de billets… Entre 2009 et 2011, la délinquance roumaine semble avoir explosé en France, comme le rapporte Le Parisien, ce jeudi. Le quotidien met en avant une note de sept pages, rédigée par la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ), qui mêle les statistiques de criminalité relatives «à la délinquance commises par les ressortissants bulgares et roumains», lors de ces trois dernières années. Et d’après ce document, qui entend dégager des tendances, le nombre de mis en cause aurait ainsi augmenté de 69,35%, passant de 12.000 en 2009 à 20.000 en 2011.

«On n’arrête pas des Roumains pour faire plaisir»

«Ce sont des tendances que nous avons effectivement pu constater sur le terrain», reconnaît Nicolas Comte, du syndicat Unité-SGP-FO. C’est d’ailleurs pour lui «un sujet épineux», lié à la crainte de «stigmatiser une population». Mais pas question pour autant de faire l’autruche. «Le fait de s’interroger sur cette réalité, ce n’est pas interdit», détaille-il.

En 2010, Nicolas Sarkozy alors président de la République avait lui-même clairement visé la communauté des Roms, dans un discours prononcé à Grenoble. Mais l’augmentation de ces statistiques n’y serait pas liée. «On ne peut pas préjuger de la nationalité ou de l’appartenance à une communauté d’une personne quand on l’arrête», explique Nicolas Comte. Et puis, «on n’arrête pas des Roumains pour faire plaisir», lâche Patrice Ribeiro, secrétaire général du syndicat Synergie.

Familles mafieuses très bien structurées

«Spécialisée» dans la mendicité agressive avec des enfants ou des handicapés, «cette population dispose de réseaux criminels très puissants, qui agissent depuis la Roumanie», détaille Patrice Ribeiro. «Il s’agit souvent de familles mafieuses très bien structurées».

Et ces réseaux exploitent énormément de mineurs, «avec qui ils peuvent parfois nouer des relations de maîtres à esclaves. Notamment parce qu’ils «profitent d’une législation souple, en France, liée à l’ordonnance des mineurs de 1945», détaille Patrice Ribeiro.

«La solution ne peut pas être que policière».

Il n’est en effet pas rare qu’une même personne soit arrêtée plusieurs fois par jours. «Il s’agit de mineurs, précaires et sans domiciles fixes… On ne peut donc pas faire grand-chose. L’autre jour, après un vol avec violence, un mineur est ressorti au bout de quatre heures de garde à vue. Et même quand on les place en foyer, ils s’évadent», se désole Patrice Ribeiro.

Alors, pour essayer de régler cet épineux dossier, l’intensification du travail avec la Roumanie, pour permettre de démanteler les familles mafieuses, est bien sûr évoquée. «Mais pour l’instant, il y a encore des efforts à faire», reconnaît Patrice Ribeiro. Et puis, «on ne résoudra pas ce problème de mendicité agressive en les mettant en prison», estime de son côté Nicolas Comte. «La solution ne peut pas être que policière».