Roms: Aubry veut des terrains d'accueil

POLITIQUE La Première secrétaire du PS a nié tout différend avec Manuel Valls, après les récentes expulsions menées par le ministère de l'Intérieur...

A Lille, Olivier Aballain

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Martine Aubry au siège du PS, le 10 juin 2012.
Martine Aubry au siège du PS, le 10 juin 2012. — F. GUILLOT / AFP

Martine Aubry en pointe sur la question Rom. La présidente de la communauté urbaine de Lille a fait le point lundi après-midi sur l’hébergement des populations Roms, quelques jours après l’évacuation d’un campement à Villeneuve d’Ascq. L’entourage de la maire de Lille en a profité pour nier tout différend sur le sujet avec Manuel Valls, comme évoqué par Le Parisien samedi 18 août. «Je ne vais pas répondre sur les rumeurs de caniveau, a indiqué la première secrétaire du PS. Cela fait longtemps que nous avons une politique volontaire d’accueil dans la métropole, nous avons commencé un an avant le discours de Grenoble (Sarkozy en juillet 2010, ndlr)».

«Nous travaillons à trouver une solution, comme nous l’avons toujours fait»

La maire de Lille regrette effectivement que l’expulsion de 200 Roms du campement de Villeneuve d’Ascq, le 9 août, se soit faite «dans l’urgence» sans solution de relogement. «Mais maintenant nous travaillons à trouver une solution, comme nous l’avons toujours fait», a expliqué Martine Aubry, qui estime avancer «main dans la main» avec le Préfet de région Dominique Bur et les associations rencontrées lundi matin. «Nous accueillons aujourd’hui un peu plus de 3.000 Roms dans la métropole lilloise, détaille Michel-François Delannoy, premier vice-président de Lille Métropole. Ce n’est pas insurmontable pour une région de quatre millions d’habitants, mais il faut une vraie solidarité entre les territoires.» D’autres villes de la région seraient donc appelées à accueillir une partie de la population Rom actuellement basée à Lille. 

Selon Martine Aubry, Lille Métropole doit pouvoir en héberger 1.500, notamment en aménageant des terrains trouvés avec l’aide de l’Etat: «Pendant plusieurs années le gouvernement a bloqué la situation, mais maintenant nous savons que l’Etat a la volonté de jouer son rôle.» Installation de sanitaires, sécurisation des terrains, achat de caravanes: «Tout cela ne prend pas de temps et ne coûte pas très cher, nous pouvons avancer vite», espère encore la maire de Lille. Insistant sur cet effort à faire en direction «des familles qui souhaitent s’intégrer», Martine Aubry a également évoqué la nécessaire fermeté «de tout le monde» concernant les «agissements» de certains membres de la communauté. «Je défend tout le monde, aussi bien les populations Roms qui souhaitent s’intégrer que les habitants de Lille-Sud qui n’ont pas à subir de vols ou de rackets parce qu’il y a un camp à proximité». Elle a enfin salué les récentes déclarations de Manuel Valls appelant l’Union européenne à faire respecter les droits de Roms dans leurs pays d’origine, en Bulgarie et en Roumanie.