Le 14-Juillet, entre traditions et rites républicains

CÉLÉBRATION 0 Minutes» passe en revue l'histoire et les grands moments de la fête nationale...

Enora Ollivier

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Les répétitions du 14 juillet, sur les Champs-Elysées, à Paris, le 11 juillet 2012.
Les répétitions du 14 juillet, sur les Champs-Elysées, à Paris, le 11 juillet 2012. — Vincent Wartner / «20 Minutes»

Le défilé militaire

Le défilé militaire est né en 1880, par une loi indiquant que «la République adopte comme jour de fête nationale annuelle le 14 juillet». Dix ans après la cinglante défaite de Napoléon III à Sedan contre la Prusse, il s’agit alors de montrer au monde que l’armée française est de nouveau forte et vaillante. Cette année-là, le défilé est organisé en grande pompe sur l’hippodrome de Longchamp. Il aura lieu sur les Champs-Elysées à partir de 1919, après la Première Guerre mondiale. Le défilé est «délocalisé» sous la présidence de Valéry Giscard d’Estaing: pour rappeler la tradition révolutionnaire, le chef de l’Etat organise en 1974 le défilé entre Bastille et la place de la République. François Mitterrand et ses successeurs ont maintenu le défilé sur les Champs-Elysées. En 1989, le bicentenaire de la Révolution est célébré par un immense défilé.

 Le 14 juillet 2002, Jacques Chirac est victime d’une tentative d’assassinat lors du défilé. Maxime Brunerie, jeune militant d’extrême droite de 25 ans, tire en direction de la voiture présidentielle qui descend les Champs-Elysées à l’aide d’une carabine 22 long rifle, mais loupe sa cible.

Condamné à 10 ans de prison, il est libéré en 2009.

En juillet 2011, Eva Joly déclenche un tollé en fustigeant la «France guerrière» et en proposant de supprimer le défilé qui correspond selon elle «à une autre période».

La garden-party

Tradition républicaine, la garden-party de l’Elysée est organisée chaque 14-Juillet, après le défilé militaire. A l’origine, le président de la République reçoit ses hôtes en privé.

Valéry Giscard d’Estaing innove en 1978 et invite les citoyens à participer à ce moment. En 1998, le délire gagne les jardins de l’Elysée. Ce 14 juillet-là, les vedettes, ce ne sont ni le président Chirac, ni les ministres du gouvernement Jospin mais les joueurs de l’équipe de France. Deux jours après la victoire des Bleus en coupe du monde de football, les coéquipiers de Didier Deschamps et de Zinedine Zidane sont invités à la garden party, et sont acclamés par un parterre de jeunes exaltés.

En 2010, l’austérité a raison de ce moment de réjouissance. Nicolas Sarkozy supprime l’onéreuse garden party –qui avait coûté 732.000 euros en 2009. François Hollande a lui-même décidé de ne pas en organiser mais a ouvert les jardins de l’Elysée au public de 15h à 19h en 2012. Une opération non reconduite en 2013.

L’allocution du président de la République

Valéry Giscard d’Estaing a instauré ce qui est devenu une tradition en 1978. Depuis, cette interview a lieu tous les ans et permet au Président de s’expliquer sur sa politique, ou de réagir sur l’actualité. En 2001, Jacques Chirac est ainsi interrogé sur une affaire de paiement en liquide de billets d’avion. Ces polémiques, assure le Président, «ce n’est pas qu’elles se dégonflent, c’est qu’elles font pschitt, si vous me permettez cette expression», lance-t-il. L’expression fera florès.

Nicolas Sarkozy a renoncé à cette rituelle allocution durant son quinquennat, entre 2007 et 2011. Quant à François Hollande, il a décidé de renouer avec la tradition en 2012, mais avec un petit changement: l’interview aura lieu à l’Hôtel de la Marine, sur la place de la Concorde à Paris. Il tient ainsi un de ses engagements de campagne puisqu’il avait promis de ne plus faire venir des journalistes pour réaliser des «émissions en direct de l’Elysée». 

Mais voilà, en 2013, François Hollande change de pied et décide finalement que l'interview du 14 juillet, ce serait à l'Elysée, «la maison de tous les Français», «le lieu du pouvoir». Un retour à la plus pure tradition. Sarkozy ou Hollande le prouvent, ce n'est pas si simple de rompre avec les traditions républicaines.