Lourd bilan humain après l'avalanche

Alexandre Sulzer

— 

Neuf personnes ont été retrouvées indemnes dans la coulée de neige, selon la préfecture.
Neuf personnes ont été retrouvées indemnes dans la coulée de neige, selon la préfecture. — C. VILLEMAIN / 20 MINUTES

Le Mont-Maudit porte malheureusement bien son nom tant le bilan de l'avalanche qui s'est produite hier matin est lourde. Neuf alpinistes, dont trois Britanniques, deux Espagnols, trois Allemands et un Suisse, ont trouvé la mort dans le massif du Mont-Blanc, emportés par une coulée de neige matinale. Neuf autres personnes ont été retrouvées indemnes dans la coulée de neige, selon la préfecture de Haute-Savoie. Deux alpinistes, également partis jeudi à l'aube du refuge des Cosmics et portés disparus, ont été identifiés et « n'étaient pas sur le site au moment de l'avalanche», précise la protection civile. Les sauveteurs sont à la recherche d'autres personnes non recensées au refuge et qui auraient pu partir en solo. Les investigations doivent reprendre aujourd'hui.

Douze blessés légers et deux rescapés indemnes
Mais l'avalanche pourrait bien être, si le bilan s'alourdit, la plus meurtrière de l'histoire de l'alpinisme français. « C'est en tous les cas la plus meurtrière en été », glisse à 20 Minutes Luc Jourjon, directeur national technique du Club alpin français. Douze blessés légers ont été évacués vers l'hôpital de Sallanches (Haute-Savoie), six l'ont déjà quitté, tandis que deux personnes ont pu être récupérées indemnes par les secouristes. Sur place, le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, a fait valoir que « le nombre de victimes, de disparus, de blessés fait de cet événement une catastrophe très particulière ». D'autant qu'elle était totalement imprévisible. D'après l'adjoint au maire de Chamonix, Jean-Louis Verbier, les conditions météorologiques étaient bonnes quand deux cordées de 28 alpinistes sont parties à l'assaut du toit de l'Europe par cette voie, la deuxième la plus fréquentée après celle du Goûter. Ce qui explique le nombre élevé d'étrangers parmi les victimes. D'après les premiers éléments de l'enquête, un alpiniste aurait fait partir une plaque de 40 centimètres d'épaisseur accrochée à mi-pente. Un amas de neige de 100 m2 sur 2 m d'épaisseur a été formé par l'avalanche.