PSA: Aulnay sous le choc

SOCIAL Les salariés de PSA ont appris jeudi que leur site fermerait en 2014...

Hélène Colau

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Un employé de l'usine d'Aulnay-sous-Bois qui sera fermée en 2014.
Un employé de l'usine d'Aulnay-sous-Bois qui sera fermée en 2014. — V. WARTNER / 20 MINUTES

«On représente une bombe sociale et politique. On ne va pas se priver de l'utiliser.» Des centaines de salariés du site PSA d'Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) se sont réunis jeudi pour réfléchir à une riposte. Le matin même, Philippe Varin, le patron de PSA, annonçait que 8 000 postes allaient être supprimés dans le groupe (lire encadré) et que leur usine fermerait en 2014.

Pleurs et évanouissements

«On nous a appelés à 8h30 pour un briefing, raconte Mohamed Khenniche, de SUD. Un choc. Même si on s'y attendait, on gardait l'espoir. Des femmes sont tombées dans les pommes, d'autres pleuraient. La direction a déclaré la guerre.»

Aussitôt, les employés décident l'arrêt total de la production. Pancartes et banderoles à la main, les équipes du matin attendent celles de l'après-midi sur le parking pour leur passer le mot. Des sous-traitants, des employés de Renault, ou encore l'ex-candidat (NPA) à la présidentielle, Philippe Poutou, viennent les soutenir. Le maire (PS) d'Aulnay-sous-Bois, Gérard Ségura, accuse l'Etat. «PSA a reçu des subventions, on ne peut pas les laisser faire n'importe quoi», s'emporte-t-il.

Chez les salariés, on sent un certain fatalisme. Cette fermeture, ils en entendaient parler depuis un an. «Ils ont prétexté une baisse des ventes, mais le plan a été décidé quand elles étaient à leur apogée.» Les plus amers sont ceux qui travaillent là depuis longtemps, souvent plus de vingt ans. Ceux-là se sentent trahis. «D'abord, ils ont accéléré les cadences, souffle Messaoud. Ensuite, ils vont fermer toutes les usines de France pour les installer en Chine.»

La question que tous se posent, c'est pourquoi eux. «La Citroën C3 marche bien, on tourne mieux que d'autres sites, martèle Ali. Je ne vois pas pourquoi on devrait fermer. Il va y avoir des divorces, des suicides… Non, on va rester ici, il ne faut pas perdre l'espoir.» Jeudi, les salariés ont décidé de créer un comité d'organisation de la lutte. Une assemblée générale est prévue pour le 11 septembre, «un hasard».

9.900 postes supprimés au total

Sur 3.000 emplois détruits à Aulnay, 1.500 doivent être transférés à Poissy, où des intérimaires perdront leurs missions. 1.400 postes à Rennes et 3.600 emplois de structure seront supprimés. S'y ajoute un plan plus ancien qui supprime 1.900 postes. Total: 9.900 emplois en moins, dont 7.450 directs.