Prix des logements étudiants: «J'étais en colocation pour 315 euros, mais à deux dans une chambre»

TÉMOIGNAGES athieu, Tatiana, Hayette, Vanessa et Arthur sont tous étudiants. Ils nous racontent leur recherche de logement et leur stupéfaction à la vue du prix des loyers...

Témoignages édités par Christine Laemmel

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DELAGE JEAN-MICHEL/SIPA

A choisir, mieux vaut faire ses études à Valenciennes plutôt qu’à Paris. Histoire de gagner 300 euros de loyer. Seulement voilà, Valenciennes n’est pas forcément réputée pour la qualité de sa formation universitaire. En fait, les étudiants n’ont pas vraiment le choix. Ils doivent assumer des loyers souvent indécents, pour des logements… souvent indécents. Cinq internautes nous racontent les difficultés de leur recherche d’appartement, face à des prix difficiles à suivre. 

Mathieu, 19 ans, en école d’ingénieur, entre Lille et la Vendée: «Les prix pour des biens équivalents varient du simple au double» 

«En septembre, j'entre en deuxième année d'école d'ingénieur, en alternance. Je suivrai des cours sur Lille, et mon entreprise d’accueil est en Vendée. J'ai donc dû chercher deux appartements différents. A ma grande surprise, entre les deux lieux, les prix pour des biens équivalents varient du simple au double. Un 100 m² sur Lille coûte environ 1.200 euros par mois, alors qu’à La Roche-sur-Yon, j’en ai pour seulement 600 euros. Je trouve assez honteux le fait qu'en raison de sa localisation géographique, un étudiant aura plus de difficultés à finir le mois qu'un autre scolarisé dans un autre endroit.  J'ai finalement trouvé un logement sur Lille, une colocation de 70 m² avec deux amis. Je suis toujours en recherche en Vendée. Habitant dans le Nord-Pas-de-Calais, la recherche d'un appartement à plus de 600 kilomètres de chez moi n'est pas une tâche aisée.» 

Tatiana, 21 ans, en DUT à Lyon: «J'étais en colocation pour 315 euros tout inclus, mais à deux dans une chambre»

«Je suis étudiante depuis trois ans sur Lyon et non boursière. Pour ma première année, j'étais en colocation avec des amies pour 315 euros tout inclus, mais à deux dans une chambre. A la fin de l'année j'ai décidé de partir et j'ai pris un appartement en résidence étudiante sur mon campus pour 400 euros par mois puis 415 euros cette année, pour un 20m² non meublé avec eau froide inclus. Je touche 178 euros d'allocations logement par mois. J'ai la chance d'avoir des parents pouvant me payer mon logement, mais il faut quand même serrer son budget. L'année prochaine, je pars sur Paris pour ma licence professionnelle et j'angoisse quand je vois le prix des logements. Je pense que je vais me tourner vers les foyers de jeunes travailleurs, une colocation ou une location de chambre chez un particulier. Me prendre un appartement seule serait vraiment du luxe.»

Hayette, 22 ans en Master «Politiques de communication», à Versailles: «Difficile de trouver un appartement pour moins de 750 euros»

«Etudiante en M2 à l'Université de Versailles-Saint-Quentin et apprentie, je pensais qu'une étudiante en Bac+5 et apprentie qui touche plus que le Smic pouvait facilement trouver un logement type T1/T2. J'ai d'abord recherché sur des sites de locations classiques dans la banlieue de Paris. Il est très difficile de trouver un appartement pour moins de 750 euros charges comprises. Les particuliers me demandaient de gagner trois fois le montant du loyer et quand c'était le cas, un garant. Mes parents sont en HLM depuis des années et je n'ai aucun garant! J'ai trouvé scandaleux que l’on me demande un garant alors que j'étais souvent à plus de trois fois le montant du loyer. Du coup je me suis tournée vers ma mairie et j'ai fait une demande de HLM même si je pense que cela prendra beaucoup de temps.» 

Vanessa et Arthur, 21 ans, en Master de psychologie, à Strasbourg: «550 euros pour 50m², mais les agences nous refusent toutes»

«Nous cherchons avec mon ami un F2 à Strasbourg pour la rentrée prochaine. Nous voulons mettre 550 euros par mois, pour une superficie d'environ 50m², un deux pièces dans le centre. Les agences nous refusent les unes après les autres même si nous avons à tous les deux, deux à trois fois le montant du loyer avec les allocations logement. Nos parents (ma mère veuve, et ses parents divorcés) ne touchent pas assez pour se porter cautions pour nous. Nous pensions qu'avec le Loca-Pass et le GRL (Garantie des Risques Locatifs), il allait être facile de louer un appartement. Aujourd'hui, nous commençons à le regretter. Nous devons revoir nos critères à la baisse. Nous pensons descendre à 400 euros pour 35m² sans critère de lieu. Le plus important étant de trouver un endroit pour vivre, et des propriétaires qui accepteront notre dossier.»