Affaire Merah: Manuel Valls privé de renseignements?

SÉCURITÉ après le «Canard enchaîné», le ministre de l'Intérieur n'aurait toujours pas eu accès aux dossiers classés «secret-défense» à propos de l'affaire...

Corentin Chauvel avec Reuters

— 

Le ministre de l'Interieur Manuel Valls, le 25 juin 2012  à Saint-Cyr-au-Mont-d'Or, près de Lyon, lors de la cérémonie de baptême de la 62ème promotion des commissaires de police.
Le ministre de l'Interieur Manuel Valls, le 25 juin 2012 à Saint-Cyr-au-Mont-d'Or, près de Lyon, lors de la cérémonie de baptême de la 62ème promotion des commissaires de police. — C. VILLEMAIN / 20 MINUTES

Un ministre de l’Intérieur sans information? Depuis qu’il s’est installé Place Beauvau, Manuel Valls attendrait toujours d’obtenir, de la part des services de renseignement, tous les dossiers sur l’affaire Mohamed Merah et notamment les notes classées «secret-défense», rapporte Le Canard enchaîné ce mercredi.

Le ministre de l’Intérieur, qui les réclame depuis un mois pour mener à bien une enquête interne sur l’affaire, ne disposerait ainsi pour le moment que de ce que les médias ont déjà diffusé. «Soit ils n’ont rien, et c’est grave. Soit ils veulent cacher quelque chose et c’est encore plus grave», s’agace auprès de l’hebdomadaire un haut fonctionnaire de la place Beauvau. Contacté par 20 Minutes, le ministère de l’Intérieur n’a pas encore répondu à notre demande d’information supplémentaire.

Des enregistrements inédits toujours attendus par la justice

Par ailleurs, les supposés enregistrements censés démontrer que Mohamed Merah a été victime d'un assassinat destiné à le faire taire n'avaient toujours pas été remis ce mercredi à la justice française, malgré les annonces de l’avocate de son père.

Isabelle Coutant-Peyre, avocate française du père algérien de Mohamed Merah, a expliqué qu'elle ignorait quand sa collègue algérienne Zahia Mokhtari allait venir remettre ces enregistrements au parquet cette semaine, comme elle l'a annoncé et comme le parquet le lui demande.

Le parquet de Paris sceptique

La presse algérienne a publié ce qu'elle présente comme des transcriptions des conversations entre Mohamed Merah et un agent de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) lors du siège de son logement. Les propos laissent penser que Mohamed Merah était un agent de renseignement français et qu'on l'a exécuté pour le faire taire.

Le parquet de Paris explique cependant qu'il est matériellement impossible que Mohamed Merah ait pu réaliser lors du siège et faire parvenir à l'extérieur des enregistrements sonores et vidéos puisqu'aucun appareil - téléphone portable ou autre - n'a été découvert chez lui après sa mort.

TF1 a diffusé dimanche ce qui est présenté comme le véritable enregistrement sonore réalisé par la police, des conversations entre Mohamed Merah, un négociateur du Raid et un agent de la DCRI.