Patrick Buisson, des cimes à l'abîme

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Patrick Buisson (ph.) est une « âme noire », selon Roselyne Bachelot.
Patrick Buisson (ph.) est une « âme noire », selon Roselyne Bachelot. — P. WOJAZER / REUTERS

Patrick Buisson, bouc émissaire des échecs de l'UMP ? Le conseiller qui murmurait à l'oreille de Nicolas Sarkozy est aujourd'hui critiqué. Plusieurs ténors de l'UMP – Raffarin, Bachelot ou Kosciusko-Morizet – accusent l'ancien journaliste d'extrême droite d'être à l'origine de la « dérive droitière ».
La place de cette « âme noire » – selon Bachelot – est récurrente en politique. « Il y a toujours des éminences grises derrière les gouvernants », explique l'historien Jean Garrigues. Parmi eux, Pierre Juillet et Marie-France Garaud, conseillers officieux du président Pompidou, « libres car sans responsabilités officielles, puissants dans leur influence sur le chef de l'Etat », ajoute l'historien.
Face à la critique, Patrick Buisson parle peu, mais ne dément d'aucune manière l'ascendant qu'il aurait pu avoir sur Nicolas Sarkozy. Un président-candidat sous influence ? Peu osent l'affirmer publiquement. « Le lynchage de Patrick Buisson est un ersatz de remise en cause de la stratégie de Nicolas Sarkozy. La critique du conseiller plutôt que du chef est facile, afin de ménager l'image de Nicolas Sarkozy et son possible retour », commente Jean Garrigues. La pensée Buisson se perpétuera-t-elle, même si l'homme n'est plus dans le premier cercle du pouvoir ? Yannick Favennec, député UMP de la Mayenne, reste prudent : «Le congrès de l'UMP, en novembre, décidera de nos valeurs. Je reste en observation, pour voir si la “ligne Buisson” perdure ou non. Je ferai ensuite mes choix. »Anne-Laëtitia Béraud