La qualité de l'eau scrutée par les particuliers

ENQUETE Les associations réclament plus de transparence de la part du ministère...

Lucie Romano

— 

Le prix de l'eau du robinet dépend des investissements pour son épuration.
Le prix de l'eau du robinet dépend des investissements pour son épuration. — M.Libert / 20 Minutes

La qualité de l'eau potable est-elle suffisante en France? Impossible de le savoir, selon l'association 60 millions de consommateurs et la fondation France Libertés. Après une première opération sur le prix de l'eau menée l'an dernier, ils poursuivent leur «opération transparence» et appellent leurs «lanceurs d'alerte» – des consommateurs volontaires – à témoigner de la qualité de l'eau près de chez eux, via un site et un numéro vert*.

Le ministère de la Santé met bien en ligne les résultats des analyses sanitaires effectuées commune par commune, mais ce n'est pas suffisant, selon les associations. D'abord parce que cela ne permet pas de saisir, à l'échelle nationale, l'ampleur des dérogations qui autorisent les opérateurs à dépasser la concentration tolérée de molécules chimiques. Ensuite parce que ces analyses ne sont pas actualisées en temps réel, mais uniquement à chaque contrôle: une fois par an pour les communes les plus petites (trois fois par jour pour celles de plus de 625.000 habitants).

Des autocontrôles bientôt rendus publics?

«Il faut pouvoir être averti rapidement! Imaginez une femme enceinte qui apprend six mois plus tard qu'elle aurait dû éviter de boire l'eau du robinet», explique Emmanuel Poilane, directeur de France Libertés. Marie-Jeanne Husset, de 60 millions de consommateurs, milite elle pour que «les opérateurs rendent publics les résultats de leurs autocontrôles, lesquels sont plus fréquents». Selon le ministère de la Santé, un bilan national des dérogations sera publié à la fin de l'année. 60 millions de consommateurs et France Libertés feront un premier bilan de l'enquête en mars prochain.

*0.805.69.62.79 ou www.prixdeleau.fr

Deux contrôles

L'un relève de l'autosurveillance réalisée par l'exploitant, l'autre est un contrôle sanitaire mené par l'agence régionale de santé, consultable sur le site www.eaupotable.sante.gouv.fr.