En poussette dans les transports: «La première incivilité vient de la RATP»

TÉMOIGNAGE wane, jeune mère parisienne, réagit à la campagne de la RATP contre les incivilités dans les transports en communs parisiens...

Témoignage édité par Christine Laemmel
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Un bébé en poussette.
Un bébé en poussette. — Nick White / Mood Board/REX/SIPA

Début 2012, la RATP a lancé une nouvelle édition de sa campagne «Restons civils sur toute la ligne», destinée à lutter contre l’incivisme des voyageurs. Ce jeudi, RTL publie le palmarès des incivilités les plus constatées par les parisiens dans le métro, RER, bus ou Tramway.

Vous avez été nombreux à réagir et à nous raconter ces comportements qui vous agacent au quotidien. Iwane a 33 ans, un bébé de 15 mois, elle vit dans le quartier République à Paris. Elle emprunte chaque jour les lignes de bus 46, 56 ou 96. Elle nous a contactés pour exposer son ras-le-bol, non pas contre les usagers, mais contre la RATP. Le réseau n’est selon elle, absolument pas adapté aux parents se déplaçant avec des enfants en bas âge.

«Dans le métro c’est Koh-Lanta»

Avec une poussette, prendre le métro, pour Iwane, c’est tout simplement impossible. «Il n’y a pas d'infrastructure pour monter ou descendre les escaliers sans risque de tomber, explique-t-elle. C'est trop physique de porter le poussette et étant donné le peu de place aux heures de pointe, les gens sont vraiment trop désagréables. Le métro, j’ai abandonné, c’est Koh-Lanta.»

«Dans le bus, je suis en infraction contre ma volonté»

Le métro oublié, Iwane est bien obligée de se déplacer en bus dans la capitale. Mais là non aussi, on n’est pas loin de l’aventure en terre inconnue.

«Etant donné l'étroitesse à l'avant du bus je ne peux pas monter par l'avant avec ma poussette. Je suis obligée de monter par l'arrière, ce qui est interdit par la RATP. Une fois montée, impossible de valider mon ticket quand le bus est plein. Je ne peux pas laisser seul mon bébé car si le bus freine brutalement, cela risque de faire tomber ma poussette. Si je veux aller jusqu'au chauffeur pour valider mon ticket,  il faut jouer des bras et des nerfs quand le bus est plein. Bref, je suis en situation d'infraction contre ma volonté.»

Une campagne «anti-poussettes culottée»

Si les véhicules sont totalement dépourvus de praticité pour les jeunes parents, le plus grave, pour Iwane, est que la RATP ne fait rien pour arranger les choses. Bien au contraire. C’est indignée que la jeune mère a découvert il y a quelques mois, la «campagne anti-poussettes culottée» de la RATP. Lancée fin 2010, celle-ci invitait les parents à plier la poussette et à prendre le bébé aux bras. Le tout sur une affichette rose, expliquant avec un humour largement contesté: «On a beau adorer les bébés, avec les poussettes, faut pas pousser».

«Je demande à la personne qui a décidé de cette idiotie d’essayer de plier une poussette avec un bébé de six mois, toute seule…» nargue Iwane, perplexe. Sans compter qu’il est déjà stipulé dans le règlement des bus parisiens que deux poussettes maximum sont autorisées à bord. «Je suis outrée par le comportement de la RATP. Ce sont eux qui font preuve d’incivilité envers les jeunes parents, qui ont tout de même le droit de circuler, comme tout le monde, dans Paris.»