Affaire Bettencourt: L'héritière de L'Oréal, son tuteur et ses enfants ont été reçus par le juge

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La fille de Liliane Bettencourt, ses enfants et le tuteur ad hoc de l'héritière de l'Oréal ont été reçus vendredi par le juge bordelais Jean-Michel Gentil, qui leur a notifié des expertises, a-t-on appris dimanche de sources concordantes, confirmant une information du JDD.

Françoise Bettencourt Meyers et ses fils Jean-Victor et Nicolas ont été reçus pendant trois quarts d'heure séparément par le juge vendredi après-midi, de même que le tuteur, Olivier Pelat. Le tout a duré environ de 14h à 16h. Le juge leur a notifié un certain nombre d'expertises, médicales ou techniques, comme le prévoit le Code de procédure pénale, et en a profité pour faire avec eux un point du dossier, a précisé une de ces sources.

Sur la piste d'un éventuel financement illicité

François Bettencourt Meyers avait porté plainte fin 2007 contre le photographe François-Marie Banier, ami de longue date de sa mère dont elle estimait qu'il profitait de la faiblesse de la vieille dame, âgée aujourd'hui de 89 ans et dont les experts ont déterminé qu'elle n'a plus la totalité de son jugement depuis septembre 2006. Elle est sous tutelle depuis octobre dernier. Les deux femmes ont conclu en décembre 2010 un protocole aux termes duquel, notamment, Françoise Bettencourt Meyers retirait sa plainte contre François-Marie Banier qui renonçait de son côté à de fortes sommes perçues de Liliane Bettencourt.

Mais le juge a quand même mis Banier en examen pour abus de faiblesse à l'encontre de Bettencourt, comme son compagnon Martin d'Orgeval, et deux gestionnaires de fortune successifs de la milliardaire, Patrice de Maistre et Pascal Wilhelm. L'ancien ministre et ancien trésorier de l'UMP pendant la campagne de 2007 de Nicolas Sarkozy, Eric Woerth, a été mis en examen pour trafic d'influence passif, et pour recel d'une somme remise par Patrice de Maistre.

Six autres personnes ont été mises en examen, le majordome de Liliane Bettencourt pour avoir enregistré des conversations chez elle et cinq journalistes pour avoir publié ces enregistrements. Le juge Gentil s'intéresse aussi à un éventuel financement illicite, par l'argent des Bettencourt, de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007. Celui-ci a pris les devants en lui faisant envoyer son agenda du premier semestre 2007.