Bartolone dans un fauteuil

Matthieu Goar

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Claude Bartolone sera élu président de l'Assemblée nationale le 26 juin.
Claude Bartolone sera élu président de l'Assemblée nationale le 26 juin. — P. WOJAZER / REUTERS

Pas de fumée blanche au-dessus de la salle des fêtes de l'Assemblée, mais quatre grands garçons qui s'étreignent dans la salle des pas perdus. Les collaborateurs du député Claude Bartolone exultent : Elisabeth Guigou, Jean Glavany et Daniel Vaillant viennent de se désister et leur champion sera donc élu mardi 26 juin président de l'Assemblée nationale.
Lors d'un vote à bulletin secret, l'élu de Seine-Saint-Denis avait obtenu 127 voix sur 260 votants, à quatre bulletins de la majorité absolue. « Je suis un sportif, je me retire », lâche Glavany, arrivé en deuxième position. Bartolone est acclamé. « Nous sommes tombés dans les bras des uns et des autres », fait-il savoir, histoire de faire passer le mot d'ordre: le temps est au rassemblement. « Il fallait absolument éviter un second tour pour ne pas montrer l'image d'un groupe divisé dès le début », glisse un député.

Un candidat de consensus...

et de remplacement
Toute la matinée, des réunions discrètes s'étaient tenues entre députés socialistes, par affinités régionales ou politiques. Histoire de régler les votes. « Après, chacun pouvait voter ce qu'il voulait », explique Patrick Menucci, député marseillais. A 15 h, dans une salle surchauffée, les candidats ont ensuite fait un discours de dix minutes. « Ennuyeux », lâche un élu. « Des nuances, mais pas de divergences », précise Guillaume Garot. Les quatre socialistes se sont surtout astreints à désamorcer les critiques de la semaine. Glavany expliquant que ses propos (« la qualification pour ce poste ne se mesure pas à la taille de la jupe ») « avaient été déformés », Bartolone détaillant les problèmes du 93 « similaires à ceux des territoires ruraux », Guigou avouant que sa « froideur » était de famille, et Vaillant tentant de justifier sa candidature tardive « pour qu'il y ait du débat ». Après une discrète et efficace campagne à coups de textos et de discussions, Bartolone, ancien fabiusien rallié à Ségolène Royal, puis Martine Aubry, mais plus vraiment lié à un camp, s'était imposé dans le groupe PS. Une solution de consensus, mais aussi de remplacement, en l'absence de Ségolène Royal et de Marylise Lebranchu.