Retour aux heures noires

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Les mêmes sirènes, les mêmes rubans de police tendus aux portes de la Côte Pavée de Toulouse. Et, parfois, les mêmes riverains. Trois mois après l'assaut contre l'appartement de Mohamed Merah, la prise d'otages a rouvert la plaie. « Je viens d'avoir un coup de fil de ma famille de Paris qui me demandait comment je faisais pour vivre dans un quartier de terroristes. C'est aberrant, soupire ce jeune avocat. C'est un quartier ultra-résidentiel. »

Hommage ou coïncidence
Mais beaucoup de riverains ne peuvent s'empêcher de faire un rapprochement avec l'affaire Merah. « Encore un fou. Bien sûr que cela ressemble à un hommage. Comment voulez-vous que les gens ne deviennent pas paranos ? », s'interroge Alain, qui vient d'aller chercher sa fille à l'école. Une mère de famille, tenue pendant des heures avec à distance de son domicile, se plaint : « Je me demande si je ne vais pas déménager ! ». Michel, lui, temporise : « On ne va quand même pas déménager à chaque fois qu'un type fait une connerie ». Il penche plutôt « pour un braquage qui a mal tourné ». Sur la même ligne, Patricia parle « d'une coïncidence ». Cette série noire dans le quartier ne l'inquiète pas mais elle reconnaît que l'affaire Merah a laissé « un réel traumatisme ». D'autres enfin se souviendront de ce jour comme d'un rendez-vous manqué. Les futurs pacsés par exemple qui devront repasser puisque le tribunal a dû être évacué.A Toulouse, Hélène Ménal et éric Dourel