Gendarmes tuées: Portrait du suspect, un colosse à l'alcool mauvais

FAITS-DIVERS Le suspect a déjà fait de la prison et est réputé pour son comportement violent, notamment quand il a bu...

Julien Ménielle

— 

Collobrières le 18 juin 2012 - Deux gendarmes ont été abattues dans le  centre du village dans la nuit . Le ministre de l'interieur Manuel VALLS  s'est rendu sur place .
Collobrières le 18 juin 2012 - Deux gendarmes ont été abattues dans le centre du village dans la nuit . Le ministre de l'interieur Manuel VALLS s'est rendu sur place . — P. MAGNIEN / 20 MINUTES

C’est un colosse au crâne rasé. Abdallah Boumezaar a avoué être l’auteur des coups de feu qui ont tué deux femmes gendarmes, dimanche dans le Var. L’homme, réputé violent, a de lourds antécédents personnels et judiciaires.

«Mon fils devient fou dès qu'il boit de l'alcool»

Culminant à 1,80m pour 90 kg, le bonhomme est massif. Au moment de son interpellation, il était en état d’ébriété. Une vieille habitude qui ne lui réussit pas. «Mon fils devient fou dès qu'il boit de l'alcool», a déclaré récemment sa mère, qui a porté plainte contre lui pour violence. Son propre frère le décrit dans Var-Matin comme «un garçon joyeux qui n'aurait pas fait de mal à une mouche mais qui après deux verres d'alcool n'était plus le même homme et qui pouvait s'énerver pour la moindre contrariété».

Condamné à six mois de prison avec sursis avec obligations de soins pour violence contre ascendant, Abdallah Boumezaar décide d’emménager chez sa compagne, à Collobrières, pour calmer le jeu et éviter de retourner en prison. A 30 ans, en effet, il a en effet déjà passé dix ans de sa vie derrière les barreaux.

Mise à l’épreuve

Trafic de stupéfiants, vols, violences, le suspect a connu la prison dès son adolescence. Sorti en septembre au terme d’une peine de six ans, il aurait pu y retourner après avoir agressé sa mère, mais les juges ont choisi la mise à l’épreuve à la peine de deux ans ferme qui le menaçait.

Abdallah Boumezaar aurait dû soigner son addiction à l’alcool. Un habitant de Collobrières a raconté au Parisien l’avoir croisé sur un banc, dans la journée le dimanche du drame, une bouteille de rosé en main: «Il était très énervé, il courait après mon chat, il vociférait et crachait.» Plus tard dans la journée, le patron d’un bar où il avait beaucoup bu l’a mis dehors.

«Il est tombé sur quelqu’un qui l’a fait chuter»

Quelques minutes plus tard, il abattait deux gendarmes. «Pourquoi c’est pas moi qui suis morte?» s’est désolée sa mère, qui accuse à demi-mot la nouvelle compagne de son fils. «Il est tombé sur quelqu’un qui l’a fait chuter, qui l’a mis encore plus bas», a confirmé sa sœur interrogée par BFM TV.

«Quand il est sorti, il était nickel. Il était bien. Et quand il a connu cette fille, il a commencé à boire de l’alcool. Je sais que même avant cette histoire, avant qu’il se passe ce drame, elle le rendait fou», a raconté la sœur d’Abdallah Boumezaar. «Ah ouais si tu es un homme, va tirer, va, va tirer sur les mecs», disait-elle au suspect, selon elle. Il a fini par passer à l’acte.