Gendarmes tuées dans le Var: «Ces deux femmes sont mortes pour rien»

TÉMOIGNAGES es habitants de Collobrières racontent comment ils ont vécu le double assassinat de dimanche soir...

C.C. et J.M. avec Amandine Rancoule sur place

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Collobrières le 18 juin 2012 - Deux gendarmes ont été abattues dans le  centre du village dans la nuit . Le ministre de l'interieur Manuel VALLS  s'est rendu sur place .
Collobrières le 18 juin 2012 - Deux gendarmes ont été abattues dans le centre du village dans la nuit . Le ministre de l'interieur Manuel VALLS s'est rendu sur place . — P. MAGNIEN / 20 MINUTES

Le village de Collobrières (Var) était sous le choc ce lundi matin après la mort de deux gendarmes, tuées dimanche soir par un jeune homme de 25 ans. Rencontrés par 20 Minutes, plusieurs habitants ont raconté comment ils avaient vécu la scène.

Guy affirme l’avoir vu dimanche soir. L’assassin présumé «a fait la tournée des bars, il était en état d’ébriété». Une autre habitante du village confirme: «Il était 19h, il était saoul et ne marchait pas droit». «Sa copine l'appelait: "Bébé, Bébé, revient!"», a-t-elle ajouté.

Un cambriolage qui tourne mal

C’est alors qu’il «a tenté de faire un cambriolage», frappant l’un des habitants de la maison visée avant de partir, selon Guy. La gendarmerie a été appelée et les deux femmes gendarmes l’ont retrouvé. «La première a pris un coup de casque, ce qui l’a désarmé», a poursuivi le témoin, précisant que la seconde gendarme s’était enfuie.

«L'homme avait une arme dans la main gauche, il cherchait quelque chose sous les voitures», a indiqué un autre témoin qui a précisé avoir «entendu 3 ou 4 coups de feu mais pas de cris». D’après Guy, l’assassin présumé a poursuivi la seconde gendarme et «l’a abattue de trois balles avec l’arme de la première».

«J'ai cru entendre des pétards. Je pensais que c'était le match (de l'Euro 2012 de football, ndlr) mais je suis sorti quand même», raconte Gérard, un autre riverain. «J'ai vu la gendarmette adossée à un mur entre deux voitures. Quelqu'un s'occupait déjà d'elle», précise ce témoin.

Un «village tranquille où il ne se passe rien»

«On est catastrophées. Ces deux femmes sont mortes pour rien. C'est un grand malheur pour ce village tranquille où il ne se passe rien», ont indiqué deux autres habitantes âgées du village. «On a entendu l'hélicoptère toute la nuit, mais pas de coups de feu», ont-elles ajouté, «soulagées qu'il soit arrêté». «Personne ne le connaît. Il habitait depuis trois ou quatre jours chez sa tante», ont encore déclaré les deux habitantes.

Guy évoque lui un «garçon correct et poli». «Il présentait bien, il aimait parler», précise-t-il, ajoutant que l’assassin présumé était passé vendredi dernier «devant un tribunal correctionnel parce qu’il avait frappé sa mère.» Guy affirme qu’il avait également «fait sept ans de prison, mais je ne sais pas pourquoi».