Sans-papiers: La rétention des enfants continue, selon des associations

© 2012 AFP

— 

Le placement en rétention d'enfants avec leurs parents en situation irrégulière "continue" malgré l'engagement électoral du président François Hollande d'y mettre un terme, ont déploré jeudi Réseau éducation sans frontières (RESF) et la Cimade.
Le placement en rétention d'enfants avec leurs parents en situation irrégulière "continue" malgré l'engagement électoral du président François Hollande d'y mettre un terme, ont déploré jeudi Réseau éducation sans frontières (RESF) et la Cimade. — Frank Perry afp.com

Le placement en rétention d'enfants avec leurs parents en situation irrégulière «continue» malgré l'engagement électoral du président François Hollande d'y mettre un terme, ont déploré jeudi Réseau éducation sans frontières (RESF) et la Cimade. Les deux organisations ont dénoncé en particulier le cas d'un couple originaire d'Angola avec deux enfants de 2 ans et 4 mois, enfermés au centre de rétention de Saint-Jacques-de-la-Lande (Rennes) mardi soir, et qui ont finalement été assignés à résidence jeudi dans un hôtel de Rennes, à la suite de la mobilisation en leur faveur.

«En dépit des promesses de François Hollande sur la fin du placement en rétention de familles», le préfet de l'Indre «a ordonné (mardi) de les enfermer au centre de rétention, leur infligeant des heures de route sous escorte policière» jusqu'à Rennes, a dénoncé la Cimade. «Malgré les promesses du président de la République, certains préfets continuent donc à enfermer des familles», déplore la Cimade, qui cite d'autres cas à Lyon. Selon elle, «c'est dans l'indifférence générale que des enfants et leurs parents sont enfermés chaque jour en grand nombre dans un centre de rétention jugé inhumain et dégradant».

Un moratoire sur l'enfermement des familles en rétention

La Cimade «demande au gouvernement un moratoire sur l'enfermement des familles en rétention sur tout le territoire de la République» car «cette pratique, d'une gravité extrême, ne saurait se satisfaire d'interventions au cas par cas». François Hollande avait promis pendant sa campagne qu'il mettrait fin à la rétention des enfants d'immigrés clandestins, en application de la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l'Homme, qui a condamné la France le 19 janvier à ce sujet.

Début juin, le Défenseur des droits, Dominique Baudis, a rencontré le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, pour plaider le respect de cette décision européenne. La famille d'Angola citée par la Cimade et RESF s'était vu signifier une obligation de quitter le territoire français (OQTF), suite au rejet de sa demande d'asile.

La famille avait formé un recours contre cette OQTF, mais mardi, deux jours avant la tenue de l'audience, elle a été convoquée à la préfecture de l'Indre à Châteauroux pour une «proposition de retour volontaire», selon RESF. Après avoir refusé de signer le document, la famille a été appréhendée à un arrêt de bus, alors qu'elle rentrait chez elle, puis transférée au centre de rétention de Rennes.