Michel Courtois: «J'attends d'être lavé de tout soupçon»

INTERVIEW Mis en examen dans un des quatre meurtres de l'Essonne, l'homme a été remis en liberté lundi soir...

Propos recueillis par William Molinié

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Michel Courtois, le 12 juin 2012 à Bois-Colombes (Hauts-de-Seine). L'homme de 46 ans, soupçonné du meurtre de Nathalie Davids, a été remis en liberté sous contrôle judiciaire le 11 juin 2012.
Michel Courtois, le 12 juin 2012 à Bois-Colombes (Hauts-de-Seine). L'homme de 46 ans, soupçonné du meurtre de Nathalie Davids, a été remis en liberté sous contrôle judiciaire le 11 juin 2012. — A.Gelebart/20 MINUTES

Toujours mis en examen dans le meurtre de Nathalie Davids, le premier de la série de quatre commis en Essonne avec la même arme entre novembre 2011 et avril dernier, Michel Courtois a été remis en liberté lundi soir, sous contrôle judiciaire. Il a interdiction de quitter le territoire et de se rendre en Essonne. Avant de retrouver sa famille, cet homme de 46 ans, amaigri après six mois de détention, s’est confié à 20 Minutes, dans un bar de Bois-Colombes (Hauts-de-Seine), où il a retrouvé d'anciennes connaissances. S’il ne veut pas évoquer l’enquête en détail, il raconte sa détention…

Comment avez-vous vécu cette remise en liberté?

C’est un grand soulagement. Mais je ne réalise pas encore que je suis dehors. Après être sorti de Fleury-Mérogis lundi soir, je suis rentré chez moi en transports en commun. Il n’y avait personne pour venir me chercher à la sortie de la prison. Je suis arrivé chez moi à minuit. Et depuis, je n’ai pas dormi.

Comment s’est déroulée votre détention?

Ça a été difficile. Les conditions ont été compliquées, tout comme la nourriture. Les surveillants vous regardent de haut, comme un moins que rien. Au début, j’ai morflé car les autres détenus me prenaient pour un violeur d’enfants. Puis ils ont appris par les médias que j’étais accusé de meurtre.

Etes-vous en colère contre la justice?

Ce n’est pas qu’une colère, c’est une éruption volcanique. Car l’erreur judiciaire, ça existe.

Aujourd’hui, qu’attendez-vous?

J’attends d’être lavé de tout soupçon. Je veux rétablir ma dignité car je me sens sali. Les médias m’ont sali. Ils m’ont mis plus bas que terre et je vais demander réparation vis-à-vis de tout ça. J’ai été franc, honnête. Je veux que la vérité soit écrite et dite à tout le monde.

Aviez-vous des relations avec Yoni Palmier, soupçonné des trois autres meurtres?

Les policiers ont vérifié les rapprochements entre Palmier et moi. Il n’y a aucun lien. Et je n’ai pas commandité les meurtres de l’intérieur de la prison, comme ça a pu être dit. Ça n’est pas vrai. Je n’ai jamais fait de mal à personne. On m’a accusé de violences, de meurtres, de pédophilie alors que je n’ai jamais frappé personne.

Que comptez-vous faire désormais?

L’épreuve a été très difficile physiquement et moralement. Je vais me réfugier dans le travail. C’est ce qui va me maintenir. Mon fils me manque énormément. Ça fait sept mois que je ne l’ai pas vu. C’est son absence qui a été le plus difficile à supporter pour moi.