Sécurité routière: Les radars flashés à leur tour

ROUTE Un ouvrage conteste leur efficacité et fustige leur logique économique...

Delphine Bancaud

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A Nice, un radar de vitesse est sur le point de prendre du service à l'entrée est de la voie rapide.
A Nice, un radar de vitesse est sur le point de prendre du service à l'entrée est de la voie rapide. — J.C. MAGNENET / ANP / 20 MINUTES

Pompes à fric, inefficaces pour lutter contre l’insécurité routière, symboles du «tout répressif», coûteux à entretenir… Dans Radar business*  sorti jeudi dernier en libraire, Denis Boulard dresse un réquisitoire contre ces détecteurs de vitesse automatiques. Décrits comme de redoutables outils de communication politique, les radars permettent selon lui, de témoigner de la fermeté d’un gouvernement à l’égard de ses administrés.

La recherche de la rentabilité

A ceux qui croient que les radars ont contribué à la diminution de la mortalité sur les routes ces dernières années, le journaliste rétorque que ces résultats sont dus «davantage aux améliorations apportées aux véhicules», comme la généralisation des feux stop, des airs bags, le développement de l’ABS…

S’appuyant sur des enquêtes d’Auto Plus, l’auteur certifie que 66% des radars ne sont pas placés dans les zones les plus accidentogènes. Mais sur les voies rapides et les autoroutes, alors que c’est en rase campagne «que survient pourtant un tiers des accidents à l’origine de plus de 65% des tués sur les routes». Et ce pour rapporter plus. En 2011, ils auraient d’ailleurs permis de récolter 630 millions d’euros. Une manne qui n’a pas été seulement affectée à la sécurité routière, croit savoir l’auteur, mais dont une partie aurait été consacrée au désendettement de l’Etat.

Et ce ne sont pas les seules vertus économiques des radars, puisqu’ils permettent de faire vivre de nombreuses entreprises (fabricants, sociétés d’entretien, vendeurs de voitures sans permis…), rappelle l’auteur. Dans ce contexte, difficile de les faire disparaître. Et pourtant, selon Denis Boulard, leur rentabilité ne serait pas assurée après 2017, en raison du coût de leur installation et de leur entretien, des combines multiples pour les repérer, des actes de vandalismes dont ils sont victimes, de l’augmentation des fausses plaques… Un ouvrage brûlant qui fera grincer des dents et risque fort de rencontrer un large public.

*First Edition, 12 euros.

 La Sécurité routière conteste l’ouvrage

«L’impact positif des radars sur les comportements est indéniable», affirme Aurélien Wattez, chef du département du contrôle automatisé à la Sécurité routière. «Les bilans annuels montrent qu’après l’installation d’un radar, la mortalité baisse de 60% sur la zone alentours. Et leur implantation est toujours décidée sur la base du critère accidentogène des routes».