Accident à Villiers-le-Bel: «Pour l'instant, c'est canalisé»

DÉCRYPTAGE inq ans après les émeutes, un nouvel embrasement est toujours craint, même si le contexte a évolué...

Mathieu Gruel
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Une importance présence policière a été mise en place après l'accident de scooter survenu à Villiers-le-Bel, le 9 juin 2012
Une importance présence policière a été mise en place après l'accident de scooter survenu à Villiers-le-Bel, le 9 juin 2012 — DESSONS/JDD/SIPA

A défaut de se répéter complètement, l’histoire bafouillerait-elle? Après l’accident survenu entre un scooter et une voiture de police, samedi à Villiers-le-Bel, dans le Val-d’Oise, les vieux démons resurgissent. En 2007, un accident aux circonstances similaires avait en effet entraîné plusieurs jours d’émeutes dans cette ville de banlieue parisienne. 

«Guérilla urbaine»

Alors, fort de cette expérience -et pour éviter tout nouvel embrasement- un important dispositif policier a été mis en place dès samedi soir. «Une présence la plus discrète possible, qui devrait rester déployée encore quelque temps», précise Frédéric Jung, alors que «la situation est pour l’instant canalisée», ajoute le secrétaire départemental du syndicat UNITÉ SGP police.

Cinq ans après ces événements, qualifiés aujourd’hui de «guérilla urbaine» par le fonctionnaire, les précautions sont en effet de mise, même si «le contexte n’est pas du tout le même». D’abord parce qu’en 2007, les deux jeunes passagers du scooter avaient été tués dans l’accident. Les violences avaient alors éclaté très rapidement. «Là, les policiers sont restés sur place pour prodiguer les premier secours, en attendant l’évacuation de la victime par hélicoptère», détaille le policier.

Des jeunes moins soudés

Et puis, la gestion de la crise par les autorités semble avoir été bien plus efficace qu’il y a un cinq ans. L’annonce rapide de l’ouverture prochaine d’une information judiciaire, l’envoie de renforts policiers et la visite de Manuel Valls au chevet d’une des victimes… Autant d’éléments qui ont certainement contribués au maintient d’un calme relatif dans la commune.

Enfin, la situation sur place semble avoir évoluée en cinq ans. De nombreuses associations ont vu le jour et de l’argent a été investi, notamment dans le cadre du plan «Marshall» voulu par Nicolas Sarkozy. Autre nouveauté, si les tensions existent toujours avec la police, elles semblent surtout s’être multipliées entre les différents quartiers de Villiers-le-Bel. «Ça m’étonnerait que ça flambe comme en 2007. Les jeunes sont moins soudés», constate en effet un responsable associatif.

«Aucun intérêt à ce que ça parte au clash»

Alors, si le climat semble s’être légèrement tendu ces dernières semaines, les policiers ayant accentué leur pression après des affaires de vol, «il n’y a bien sûr aucun intérêt pour que ça parte au clash», reconnaît le syndicaliste. Frédéric Jung, qui se dit «solidaire» de ses collègues, espère d’ailleurs que toute «la lumière sera faite sur les circonstances de cet accident».

Mais en attendant que la justice se prononce, et alors que le syndicaliste reconnait «garder un œil sur l’évolution de l’état de santé du jeune homme blessé», le calme régnait toujours à Villiers-le-Bel ce lundi après-midi.