«Il faut davantage d'enseignants dans les écoles les plus en difficulté»

INTERVIEW Eric Charbonnier, expert éducation à l'OCDE, avance des réponses à l'échec scolaire...

Propos recueillis par Delphine Bancaud

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Eric Charbonnier, de l'OCDE.
Eric Charbonnier, de l'OCDE. — H. CORTINAT / OCDE

Pour lutter contre l'échec scolaire, vous prônez une approche diversifiée…

Oui, car l'échec est souvent lié aux inégalités sociales. Il faut donc mettre davantage d'enseignants dans les écoles qui rencontrent le plus de difficultés. Il faut aussi y affecter les enseignants les plus expérimentés, en les payant mieux, pour qu'ils y restent longtemps.

Les enseignants sont-ils suffisamment armés pour prendre en charge les difficultés scolaires ?

Non. Il est impératif de réformer leur formation pour l'axer sur la transmission des savoirs, afin qu'ils puissent davantage personnaliser leur enseignement.

Vous préconisez aussi le développement du travail en petits groupes…

Oui, mais il doit être intégré dans la journée de l'élève et ne pas s'y ajouter afin de ne pas alourdir l'agenda scolaire. Cela permettrait aussi de ne pas stigmatiser les élèves qui auraient besoin d'aide. L'idéal serait de diviser la classe en deux groupes, afin qu'ils travaillent différemment. Lorsque les uns approfondiraient leurs connaissances, les autres pourraient revenir sur leurs difficultés.