Affaire du Ponant: Cinq des six présumés pirates somaliens clament leur innocence

JUSTICE Leur procès a débuté ce mardi...

Avec Reuters

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Les présumés pirates somaliens lors du procès de l'affaire du Ponant, le 22 mai 2012, à Paris.
Les présumés pirates somaliens lors du procès de l'affaire du Ponant, le 22 mai 2012, à Paris. — B.PEYRUCQ / AFP

Cinq des six présumés pirates somaliens accusés d'une attaque contre le voilier français de luxe Le Ponant en 2008 dans l'océan Indien et de la prise en otage de son équipage ont clamé leur innocence ce mardi au début de leur procès à Paris.

C'est le deuxième procès sur quatre affaires de ce type que la France a entrepris de juger. Lors du premier, qui concernait la prise d'otages du voilier Carré d'As en 2008, les assises de Paris ont condamné fin 2011 cinq pirates somaliens à des peines de quatre à huit ans de prison et acquitté un sixième homme.

Un seul accusé reconnaît les faits et demande pardon

Dans le dossier du Ponant, les cinq accusés, qui se disent innocents, se sont présentés à la cour comme pêcheurs, chauffeurs de taxi ou comptable, et ont dit être victimes d'une erreur. Le sixième accusé a en revanche reconnu les faits et a demandé pardon «aux membres d'équipage du Ponant, à leurs familles et au peuple français». Tous sont en prison en France depuis leur arrestation peu après les faits.

Les six accusés de Paris, âgés de 25 à 50 ans, ont été arrêtés le 11 avril 2008 par des commandos de l'armée française en territoire somalien. Ils se trouvaient en possession d'une partie de la rançon versée pour libérer l'équipage du Ponant. La défense plaide que les personnes arrêtées n'ont rien à voir avec l'abordage, sauf pour celui qui l'avoue, et souligne l'extrême misère de cette région du monde, où la piraterie est devenue un mode de vie ou même de survie.

«Ils étaient binaires, tantôt calmes, tantôt très excités»

Prié de dire combien rapportait la pêche, l'accusé Abdurahman Ali Samatar, 28 ans, a indiqué: «Ça dépend de ce que la mer veut bien offrir». C'est 10 dollars (environ 8 euros) par jour, les jours de pêche miraculeuse, mais souvent rien, a-t-il expliqué. Le capitaine du Ponant, Patrick Marchesseau, a raconté les sept jours de séquestration vécus entre le 4 et le 11 avril, après l'abordage au large par des bateaux rapides.

Les pirates ont ouvert le feu au hasard, sans blesser personne, sont montés en embarquant avec eux un mouton entier et des doses de cigarettes et de khat, une drogue prisée dans cette région. «Ils étaient binaires, tantôt calmes, tantôt très excités et là ils devenaient dangereux», a raconté le témoin. Les pirates ont abandonné dans l'océan un des leurs, tombé accidentellement à la mer, mais ils n'ont pas exercé de violences sur les 30 otages, a poursuivi le capitaine.

Après marchandage avec la compagnie, une rançon de 2,15 millions de dollars (environ 1,7 million d’euros) a été versée et l'équipage libéré. Les commandos français intervenus après coup sur la voiture supposée transporter les ravisseurs n'ont récupéré que 181.000 dollars (environ 142.000 euros) et une forte somme en monnaie locale.