Des associations s'inquiètent pour le droit d'asile

Reuters

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France Terre d'Asile, la FNARS et l'association Coallia demandent que la prise en charge et la détermination du statut des demandeurs d'asile ne soient plus placées sous la tutelle du ministère de l'Intérieur, comme c'était le cas à la fin du quinquennat de Nicolas Sarkozy. Le nouveau ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, doit garder la direction de la politique de l'immigration mais les organisations de défense des immigrés espèrent un changement au moins pour l'asile après les législatives de juin.

Dans un communiqué, les trois associations estiment que la question de l'asile doit être fondée sur la solidarité et le respect des engagements internationaux de la France. Or, le ministère de l'Intérieur ne traite le sujet que sous «le seul prisme du contrôle et de la gestion des flux migratoires», déplorent-elles. «Le statu quo ne pourrait être compris que comme la volonté de poursuivre la politique du précédent gouvernement en dépit des engagements pris pendant la campagne électorale», écrivent les signataires.

«Répondre au besoin de sécurité tout en se préservant de toute dérive autoritaire et sécuritaire»

Avant 2007, la politique de l'immigration relevait de plusieurs ministères: Affaires étrangères, Emploi et Affaires sociales et Intérieur. Au début de son quinquennat, Nicolas Sarkozy avait instauré un «ministère de l'Immigration, de l'Intégration et de l'Identité nationale», très critiqué en raison du lien entre l'immigration et l'identité nationale. Puis, en novembre 2009, la politique de l'immigration était passée sous le contrôle du ministère de l'Intérieur à l'occasion d'un remaniement du gouvernement de François Fillon.

Partisan de la fermeté, Manuel Valls estime que «la gauche a un rôle historique à jouer pour répondre au besoin de sécurité tout en se préservant de toute dérive autoritaire et sécuritaire». Il a déclaré après la passation de pouvoir avec son prédécesseur Claude Guéant qu'il n'y aurait ni «angélisme», ni «course au chiffre», ni «stigmatisation».

Il n'a pas précisé s'il maintiendrait les objectifs d'expulsion des immigrés en situation irrégulière fixés par Nicolas Sarkozy à ses ministres de l'Intérieur successifs. Le président François Hollande a écarté toute idée de régularisations massives, précisant qu'elles continueraient à se faire au cas par cas mais sur des critères «précis» et non à la discrétion des préfets.