Affaire Le Couviour: La belle-fille, commanditaire présumée de l'assassinat sur fond d'héritage, jugée à Vannes

avec AFP

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Un patron de bar a été condamné à deux ans de prison avec sursis jeudi par le tribunal correctionnel de Soissons (Aisne) pour avoir loué à six personnes vulnérables des logements insalubres et contraires à la dignité humaine.
Un patron de bar a été condamné à deux ans de prison avec sursis jeudi par le tribunal correctionnel de Soissons (Aisne) pour avoir loué à six personnes vulnérables des logements insalubres et contraires à la dignité humaine. — Jacques Demarthon AFP

Le procès de Josiane Le Couviour, accusée d'avoir commandité l'assassinat de sa belle-mère, la femme de l'industriel breton Eugène Le Couviour, tuée en 2009 sur fond de bataille d'héritage, et de ses trois acolytes présumés, s'est ouvert ce mardi devant la cour d'assises du Morbihan.

Dans la nuit du 9 au 10 avril 2009, Annette Le Couviour, 75 ans, mourait étouffée après avoir été ligotée et bâillonnée par deux cambrioleurs, dans la propriété où elle vivait avec son mari, à Grand Champ, près de Vannes.

Egalement ligoté, son mari nonagénaire, Eugène Le Couviour, self made man ayant fait fortune dans le matériel hospitalier et ancien homme politique local, survivait à l'agression et l'enquête s'orientait vers un cambriolage ayant mal tourné.

Mais trois jours plus tard, une dénonciation permettait d'interpeller un conducteur d'engins de 36 ans, Wenceslas Le Cerf, qui révélait avoir été missionné pour assassiner la septuagénaire avec son acolyte, Guénolé Madé, un chômeur de 26 ans, également appréhendé.

Déposséder ses enfants de leur héritage

Les enquêteurs arrêtaient rapidement Josiane Le Couviour, 59 ans, soupçonnée d'être la commanditaire, et son ancien jardinier, Loïc Dugué, 41 ans, l'intermédiaire présumé chargé de recruter les deux hommes de main.

Selon l'accusation, Josiane Le Couviour, mariée à un fils issu d'un premier mariage d'Eugène Le Couviour, aurait commandité l'assassinat par crainte que la seconde épouse de celui-ci ne capte l'héritage au profit de ses propres enfants, eux aussi issus d'un premier mariage.

Josiane Le Couviour, qui a été remise en liberté l'été dernier sous strict contrôle judiciaire après 28 mois de détention provisoire, rejette catégoriquement tout ordre d'assassinat. Elle affirme avoir voulu simplement faire dérober au domicile de ses beau-parents des documents prouvant que sa belle-mère entendait déposséder ses enfants de leur héritage.

Retour sur ses aveux

Créateur d'une société devenue leader français du matériel hospitalier, Eugène Le Couviour avait vendu celle-ci dans les années 1990 pour 60 millions d'euros, selon des informations de presse.

Wenceslas Le Cerf, qui est revenu sur ses aveux initiaux pour confirmer la version de Josiane Le Couviour, et Guénolé Madé, qui a toujours plaidé le simple cambriolage, doivent répondre d'assassinat et de séquestration, Josiane Le Couviour et Loïc Dugué de complicité. Le procès est prévu jusqu'au 1er juin.