Affaire du «Ponant»: Le procès aux assises des six pirates somaliens débute

JUSTICE Arrêtés en 2008, six Somaliens comparaissent pour avoir pris en otage l'équipage du voilier...

Vincent Vantighem

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L'armateur du Ponant a versé une rançon de 2,15 millions de dollars pour libérer l'équipage.
L'armateur du Ponant a versé une rançon de 2,15 millions de dollars pour libérer l'équipage. — MINISTERE DE LA DEFENSE / AP / SIPA

Ils se disent chamelier, vendeur de khat, chef de tribu ou pêcheur de langoustes. C'est pourtant pour des actes de piraterie que six Somaliens vont être jugés, à partir de ce mardi, devant la cour d'assises de Paris. Soupçonnés d'avoir pris en otage l'équipage du voilier de luxe le Ponant en avril 2008, ils encourent jusqu'à vingt ans de réclusion criminelle.

A l'époque des faits, le voilier de 88 m naviguait vers le Yémen où il devait embarquer des touristes pour une croisière. Abordés par une vingtaine de pirates dans le golfe d'Aden, les membres d'équipage sont alors pris en otages une semaine: le temps nécessaire à l'armateur pour réunir 2,15 millions de dollars en espèces (environ 1,7 million d'euros). Une fois la rançon versée et les otages libérés, l'armée prend en chasse les pirates.

Un seul pirate a avoué

La scène a même été filmée par un avion satellite. On aperçoit les pirates rejoindre un petit village sur la côte et s'enfermer dans une maison pour le partage du butin. «Le seul problème, c'est que l'avion satellite a eu un souci à ce moment-là», raconte Augustin d'Ollone, avocat de l'un des mis en cause.

Le film ne reprend que plusieurs heures plus tard sur une route somalienne. On y voit alors un 4x4 se faire arrêter par l'armée française. A l'intérieur: six Somaliens, quelques armes et moins de 10% de la rançon.
Lors de l'instruction, un seul pirate a reconnu les faits. Deux autres ont avoué être montés sur le Ponant pour vendre de la nourriture et de la drogue. Les trois derniers ont nié. «Ni les empreintes digitales, ni les traces ADN de mon client n'ont été retrouvées sur le bateau, assure ainsi l'avocat Grégory Saint-Michel. Il a juste accepté l'argent qu'on lui a donné dans le village.»

Un argument qu'Olivier Metzner, avocat de l'armateur du Ponant, balaie. «Il est possible que les chefs n'étaient pas présents dans ce 4x4, confie-t-il. Mais les Somaliens arrêtés avaient une partie de la rançon. C'est donc qu'ils avaient pris part à la prise d'otages…» Pour y voir clair, le procès doit durer un mois.