Le procès à nouveau renvoyé

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Hervé Témime, avocat de Jacques Servier, a salué une « sage décision ».
Hervé Témime, avocat de Jacques Servier, a salué une « sage décision ». — B. TESSIER / REUTERS

Jacques Servier, 90 ans, sera-t-il jugé un jour ? Le tribunal correctionnel de Nanterre a renvoyé lundi au 14 décembre le procès pénal des laboratoires Servier, poursuivis pour « tromperie aggravée ». La juge Isabelle Prévost-

Desprez a donné raison en partie aux avocats de Servier en acceptant de transmettre à la Cour de cassation une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) relative aux droits de la défense. Les avocats du groupe pharmaceutique et de son patron avaient expliqué la semaine dernière qu'ils ne pouvaient comparaître en citation directe à Nanterre puisqu'ils étaient déjà mis en examen par des juges d'instruction à Paris pour les mêmes faits. « C'est une sage décision. Le tribunal a estimé qu'aucune pression médiatique ne saurait lui dicter sa décision », s'est félicité Hervé Témime, l'avocat de Jacques Servier, précisant que « les consommateurs auront le droit à un procès dans un délai raisonnable, mais pas un procès tronqué ».
De leur côté, les plaignants ont exprimé leur « colère » à la sortie de l'audience. « C'est injuste. Les voyous en col blanc peuvent prospérer tranquillement », s'est insurgé Pierre Rinalduzzi, président de l'association Caper. Ces derniers reprochent à Servier de les avoir trompés délibérément sur la nature du Mediator, un médicament qui diffuserait une substance toxique et qui aurait fait au moins 500 morts en trente ans. Désormais, le tribunal correctionnel est suspendu à la décision de la Cour de cassation, qui a trois mois pour décider si cette QPC est recevable ou pas.William Molinié