Nantes: Le jeune «arrogant» traîne la police en justice

A Nantes, Guillaume Frouin
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Un acte «isolé», mais «inacceptable». Le parquet a réclamé ce lundi une amende de 800 euros (dont 300 avec sursis) contre deux policiers nantais, jugés pour avoir giflé un lycéen de 17 ans lors d’une intervention nocturne en mai 2011. 

De retour d’un petit «apéro Facebook» dans les bois de l’île de Nantes, Colas traînait une poubelle avec des amis, dans laquelle était entré l’un d’entre eux. Aucun n’était «dans un état d’alcoolisation massive», précise la procureure. Reste qu’au moment de l’interpellation, Colas était «arrogant», selon les policiers. 

 

Des violences «sans fondement»

«J’ai eu ce geste maladroit, pour lui faire comprendre qu’il n’avait pas affaire à un copain, mais à la police», concède l’un d’eux. «Ce n’était pas juste une gifle symbolique, mais un vrai coup au visage», affirme le lycéen, légèrement blessé à la lèvre mais «choqué». «Ce n’est pas normal: les policiers sont censés nous protéger, pas nous taper dessus», a-t-il ajouté. 

«C’est la grandeur de leur fonction de répondre à l’arrogance par le respect des procédures», abonde aussi la procureure. Pour ces «violences arbitraires, gratuites et sans fondement», l’avocate de Colas réclame donc 1500 euros de dommages et intérêts. 

Celui de la Ligue des droits de l’Homme, qui s’est constituée partie civile, demande lui un euro symbolique. «Ma satisfaction, c’est que l’institution judiciaire fonctionne: elle contrôle bien le pouvoir policier, qui n’est pas au-dessus des lois», positive Loïc Bourgeois. Les deux policiers, jusque-là bien notés par leur hiérarchie, sont également sous le coup de sanctions disciplinaires. Depuis, l’un d’eux a obtenu d’être muté dans un bureau, et le second a demandé à être affecté dans un service de jour.